9ème édition de la semaine de la solidarité nationale et de l'entrepreneuriat social (SESES)
- clément NOUMSI
- il y a 2 jours
- 4 min de lecture

Le ministre des affaires sociales Pauline Irène Nguene a procédé le 30 juin 2026 au lancement officiel de la semaine nationale du fonds de solidarité nationale au Cameroun après la présentation et l'adoption du rapport final des études de mise en place au Djeuga hôtel de Yaoundé.
Dans sa présentation, Georges Edmond Makita, directeur de la solidarité nationale et développement social au Minas a relevé que la mobilisation des partenariats et la digitalisation constituent les prochains défis.
Face aux vulnérabilités révélées par 10 ans de crise et la précarité structurelle, l’État camerounais finalise les études de faisabilité d’un Fonds de Solidarité Nationale. Loin d’être une aide ponctuelle, l’initiative vise des solutions durables et flexibles pour la cohésion nationale, en complément des piliers sectoriels : emploi via SONARA, décentralisation via le CRC, et protection ciblée via les veuves et le PAM.

Le rapport ONU 2025 révèle que seuls 35 % des ODD sont en bonne voie, avec 18 % en régression et 800 millions en pauvreté extrême. L’OIT ajoute que 50 % de la planète n’a aucune protection sociale. La réponse internationale, actée à Doha, est l’investissement massif dans la protection sociale comme accélérateur des ODD. Le Cameroun, avec son atelier de restitution pour un Fonds de Solidarité Nationale, s’inscrit directement dans cette injonction globale. Avec 10,1 millions de camerounais sous le seuil de pauvreté soit 37,7 %, on a enregistré une hausse de 23 % des demandes d’assistance entre 2023-2025 et la clôture des programmes BULKA et SOLIDE, le Cameroun entre dans une période transitoire à risque. L’absence de Registre Social opérationnel et la baisse de l’aide publique aggravent la vulnérabilité, surtout après les inondations. C’est dans ce contexte que le MINAS accélère la mise en place du Fonds de Solidarité Nationale, conformément à l’engagement pris à la 64e session de l'ONU.
Pour le représentant de la banque mondiale à cette cérémonie Chifwroo Chilera, le Fonds de Solidarité Nationale se définit par 5 fonctions : soutien ciblé aux femmes et personnes handicapées en situation de discriminations croisées, résilience aux chocs économiques, sociaux et climatiques, coordination du financement pour réduire la fragmentation, accélération des ODD (pauvreté-faim-inégalités), et renforcement de la cohésion sociale. Il s’agit de passer d’une aide dispersée à un système intégré et inclusif, avec l’appui technique des partenaires au développement.
Pour Raky Chaupin représentante ONU femmes au Cameroun et représentant du coordonnateur du système des nations unies, les partenaires au développement, le Cameroun a réussi les transferts monétaires mais manque d’un programme phare doté d’un cadre et de ressources pérennes. L’étude de pérennisation validée recommande deux priorités : transférer le PFS du MINEPAT au MINAS pour ancrer la protection sociale dans son ministère naturel, et mobiliser des financements sur le court, moyen et long terme. Le PSN sous MINAS doit fédérer et coordonner.

Pour Mme le ministre, l’étude des PTF confie formellement au MINAS le mandat de pérenniser les socles de protection sociale, en cohérence avec l’organisation gouvernementale. Le MINAS devient coordinateur du PSN. Pour financer le programme, deux chantiers sont ouverts : identifier des sources innovantes et créer un mécanisme financier garantissant la disponibilité des ressources en temps réel, afin d’éviter les ruptures comme la fin du Filet en mars 2028. Sous haute directive du Chef de l’État axée sur l’autonomisation des jeunes et des femmes, le Fonds de Solidarité Nationale prend la forme du Programme Solidarité Nationale PSN. Programme gouvernemental multi-sectoriel, il vise l’extension et la pérennisation des transferts sociaux en cohérence avec la SND30. Face aux chocs économiques, sécuritaires et environnementaux, le PSN réforme le champ de la protection sociale en coordonnant les interventions, réduisant et évitant l’éparpillement, avec une gouvernance participative.
Dans la même lancée, un accord de partenariat avec l'école pratique d'agriculture de benguela a lieu ce 1er juillet 2026 et enfin une cérémonie de remise de don aux populations vulnérables le 3 juillet courant.
Clément Noumsi
Réaction

Pauline Irène Nguene, Minas
"Je voudrais d'abord rappeler que le rapport final de l'étude de faisabilité sur la mise en place du fonds de solidarité nationale qui vient de nous être présenté et qui a été validé montre des avancées majeures de cette initiative qui reste un levier de l'autonomisation et de la protection sociale. Ce qu'il faut retenir c'est que la protection sociale est un socle d'autonomisation des personnes socialement vulnérables. Elle ne consiste pas seulement à apporter de l'assistance aux couches vulnérables, elle consiste également à donner les moyens à chaque individu pour rétablir sa dignité mais aussi à renforcer ses capacités pour qu'il puisse participer pleinement à la vie sociale et économique de notre pays. Donc à travers cette 9e édition de la solidarité nationale qui a été lancée aujourd'hui, le gouvernement réaffirme son engagement de promouvoir le mécanisme de protection de protection et d'inclusion des couches socialement vulnérables qui va leur permettre d'être des acteurs de leur propre développement. Il faudrait mettre en place des mécanismes pour une meilleure prise en charge des personnes socialement vulnérables".
Propos recueillis par CN




Commentaires