Atelier sur la gouvernance, le renforcement des capacités pour le plaidoyer des acteurs non étatiques
- Clément Noumsi
- il y a 14 heures
- 6 min de lecture
Dernière mise à jour : il y a 4 heures

Une rencontre de 3 jours ( du 11 au 13 mars 2026 ) a été organisée par CARE Cameroun avec l'appui financier de la GIZ à l'intention des acteurs non étatiques pour la mise en œuvre de la déclaration de Kampala en abrégé PDDAA (programme détaillé de développement de l'agriculture en Afrique).
Face à l’insécurité alimentaire qui menace plus de 20 % de la population africaine et pour faire face à cette situation un engagement est pris pour que dici 2035, une augmentation de 45 % de la production agroalimentaire soit possible, cela passe par la réduction d'au moins la moitié des pertes après récolte et la mobilisation de 100 milliards de dollars d’investissements. En ce début d’année 2026, la mise en vigueur de la Déclaration de Kampala sur le Programme détaillé de développement de l’agriculture en Afrique (PDDAA) marque un tournant pour le continent. Pour transformer ces engagements en politiques concrètes, CARE Cameroun, la GIZ, l’AFSPAN, la Commission parlementaire de l’Agriculture et le Minader (Ministère camerounais de l’Agriculture et du Développement Rural) synchronisent leurs efforts à travers cet atelier stratégique national. L’objectif étant d'instaurer un climat de confiance, valider le paysage de la sécurité nationale et renforcer l’engagement des Acteurs Non Étatiques (ANE) dans les politiques agroalimentaires. Le modèle préconisé repose sur la création de valeur ajoutée pour sortir de l’économie de subsistance. Pour cela, l’ensemble de la chaîne de valeur doit être visé. En ajoutant de la valeur aux produits bruts, nous passons d’une économie de subsistance à une économie de transformation, permettant de réduire la dette nationale tout en facilitant l’accès des producteurs aux intrants. Face à une population en pleine croissance et aux impacts croissants du changement climatique, l’Afrique cherche à assurer sa sécurité alimentaire tout en préservant l’avenir de ses populations. Le PDDAA vise à transformer l’agriculture africaine en une activité plus productive, durable et résiliente. Au niveau national, l'enjeu majeur actuel est l'alignement avec la nouvelle stratégie du PDDAA 2026-2036 de l'UA pour renforcer l'agro industrialisation et la durabilité. L'atteinte de cet objectif passe par une approche holistique d'où l'opportunité de cet atelier qui vise à renforcer le rôle des acteurs non étatiques (OSC et du secteur privé) dans la gouvernance des systèmes alimentaires dans le cadre du PDDAA et du plan d'action de Kampala, la contribution de tous les participants est nécessaire pour l'atteinte des objectifs recherchés par le PDDAA.

Pour le représentant de la GIZ partenaire financier du projet, l'importance de la collaboration entre les différents acteurs pour atteindre les objectifs de transformation des systèmes alimentaires au Cameroun est plus nécessaire. Votre présence en ces lieux démontre l'importance de l'engagement des acteurs non étatiques dans la mise en œuvre de ces objectifs et pourquoi la GIZ intervient justement sur le PDDAA à cause du lien entre la transformation alimentaire et les engagements pris par nos chefs d'États. Il ne s'agit plus seulement de parler de 10 % alloués à l'agriculture mais de prendre en compte la grande sphère que représente les systèmes alimentaires. Pour que cette transformation devienne une réalité, elle ne peut pas se faire sans les acteurs c'est pourquoi à choisir de la voix aux acteurs non étatiques pour domestiquer le plan et choisir nos priorités locales en espérant que les résultats permettront de renforcer le rôle des acteurs non étatiques la transformation des systèmes alimentaires au Cameroun.
Pour le responsable de CARE Cameroun, il est important de rappeler aux différents acteurs le respect du code de conduite, c'est un sujet très sensible et important pour la protection et de la sauvegarde des personnes vulnérables dans les situations d'urgence et de développement d'où l'importance de la formation et de la sensibilisation des acteurs humanitaires et de développement sur ces questions. Cela relève tant de la responsabilité individuelle et que collective dans la protection des personnes vulnérables d'où l'importance de la collaboration entre les organisations et les communautés pour prévenir le harcèlement sexuel, l'exploitation sexuelle et l'abus sexuel.
A propos de CARE Cameroun
Cette organisation humanitaire de premier plan est présente au Cameroun depuis 1978 dans la lutte contre la pauvreté. Elle met en œuvre les projets de développement et des interventions d’urgence, aux causes profondes de la pauvreté et du déni des droits. Son approche vise à améliorer durablement les conditions de vie des populations avec lesquelles elle travaille en accordant une attention particulière aux femmes et aux filles, aux personnes vulnérables et marginalisées sui sont souvent les premières touchées par la pauvreté. Quelques chiffres clés en 2025, 273 949 personnes ont été touchées à travers les projets sans double comptage ; 68 % de femmes touchées à travers les projets.

Dans une démarche chronologique et sous la modération de la spécialiste venue du Malawi Chikondi Chawuta-Mkawa, il a été question d'établir une compréhension commune du cadre du PDDAA et de la déclaration de Kampala, de valider le paysage national de la sécurité nationale et renforcer la confiance entre les acteurs. Ensuite, de développer des principes de gouvernance et renforcer les compétences en matière de plaidoyer afin d'accroître l'engagement de l'ANE dans les processus d'élaboration des politiques agroalimentaires. Enfin, d'élaborer une feuille de route pratique pour un plaidoyer coordonné en matière d'avantages naturels et renforcer les liens avec les plateformes régionales et continentales. Le projet pilote est implémenté dans six pays (Cameroun, Kenya, Madagascar, Nigéria, Togo et Zambie).
Clément Noumsi
Réactions

Marthe Epassy épse Mbock, conseiller technique Senior à la GIZ Cameroun
« La GIZ à travers le projet global Systèmes et politiques agricoles durables a opté de soutenir le Cameroun dans la mise en œuvre d'un plan d'actions pour réaliser les engagements de la présente déclaration de Kampala. Il est bien vrai par le passé les performances de tous les pays africains n'ont été à la hauteur des attentes dans l'atteinte du budget d'investissement publique en moyenne 10 % et plusieurs sont à prendre en compte comme la situation du Covid 19, le problème d'insécurité. Avec la nouvelle déclaration de Kampala, on change de perspectives pour dire que ce n'est plus seulement l'agriculture avec un A majuscule mais des budgets dédiés au système alimentaire c'est-à-dire qui prend en compte les autres sectorielles telles que la santé, l'élevage, l'environnement, les forêts, l'éducation sont inclus dans la base de données et si on inclut tout cela, en le capitalisant on est au dessus de 10 %. Dans la même déclaration, on va plus loin que l'investissement public avec la question de la gouvernance, la question du bien-être des principaux acteurs. On peut investir de l'argent mais est ce qu'à la fin on a le résultat de l'augmentation des revenus, de la contribution à l'import substitution au final, l'apport de la GIZ c'est de pouvoir déjà mettre tous les acteurs autour de la table ceux qui sont non étatiques comme les OSC, les coopératives de producteurs, le secteur privé car c'est eux qui constitue le premier maillage et qui, à la fin de la journée produisent. Il est question qu'ils sachent à la fin de la journée qu'elle est leur contribution réelle à l'atteinte de la feuille de route qui sera élaborée et surtout suivie par eux car ils doivent comprendre pourquoi un résultat est atteint ou pas. Qu'est-ce que c'est la déclaration de Kampala ? Quels sont leurs Desirata ou les problèmes dans la feuille route afin de ne pas être surpris ».

Chikondi Chavuta-Mkawa, CNG Chair AU Engagment Lord
« Le Cameroun dispose d'un potentiel agricole et bien sûr des partenaires qui sont là pour l'accompagnement des personnes qu'ils soient du secteur privé, des CTD ou des OSC. Le Cameroun possède un potentiel immense, essentiellement fondé sur sa terre. Pourtant, au-delà des intentions, quel est le contenu réel des engagements ? Le secteur privé, les agriculteurs et les acteurs non étatiques jouent un rôle moteur, mais l'action du gouvernement reste déterminante. L'année 2026 doit marquer la fin des simples intentions et le début d'une véritable mutation budgétaire. L'objectif est clair, une agriculture africaine capable de réduire la dette nationale tout en permettant aux producteurs d'accéder aux intrants nécessaires. Nous devons viser l'ensemble de la chaîne de valeur. En ajoutant de la valeur aux produits bruts, nous passons d'une économie de subsistance à une économie de transformation. Si le gouvernement applique le programme auquel il a souscrit, et si chaque acteur étatique ou paysan comprend sa mission, le système alimentaire changera durablement. Notre rôle est de rappeler ces promesses, les 10 % doivent être investis de manière transparente et efficace. La question commerciale est tout aussi cruciale. Cela nécessite des moyens de transport fluides pour acheminer les récoltes. Notre commerce continental doit assurer une production de haute qualité, capable de résister aux chocs climatiques. La déclaration de Kampala est historique car elle place la jeunesse au cœur des priorités. Les jeunes excellent dans l'entrepreneuriat et l'adoption de technologies qui permettent de produire à grande échelle avec un effort optimisé. En soutenant cette dynamique, nous répondons au défi du chômage par l'innovation. La mécanisation devient alors une réalité. Toutefois, elle doit être raisonnée : mécaniser tout en préservant la santé des sols. Protéger nos terres et nos forêts est un impératif, car nous produisons pour nourrir les générations d'aujourd'hui, mais aussi celles de demain. Le rêve est de voir une agriculture africaine débarrasser des engrais chimiques et chacun devrait les efforts pour que cela devienne une réalité ».
Propos recueillis par CN




Commentaires