Audience du président du réseau Panafricain de lutte contre l’insécurité alimentaire et environnementale (RPLIAE) à la CAPEF
- clément NOUMSI
- il y a 10 heures
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Mahamat Haroun Adoum vice président du conseil économique, social et culturel de l'Union africaine et président du réseau panafricain de lutte contre l'insécurité alimentaire et environnementale (RPLIAE) a été reçu le 14 Avril par le président de la chambre d'agriculture, des pêches, de l'élevage et des forêts.
Après un tête à tête entre les deux hommes, une rencontre avec les producteurs locaux ressortissants de la Capef a permis de mieux apprécier les contours de cette visite porteuse d'une bonne nouvelle pour le pays avec le secrétariat permanent dont le siège à de fortes chances d'être logé au Cameroun avec l'accord de principe des instances de l'Union africaine. Il est question que les producteurs camerounais mutualisent leurs connaissances, leurs ressources afin de joindre le mouvement pour une sécurité alimentaire optimale pour nos populations.
Pour le président de la Capef, la stratégie rizicole du Cameroun fait face à plusieurs défis, les investissements de 1000 milliards FCFA, les défis de commercialisation face au riz importé, puis l’examen national volontaire (ENV) 2026 sur les ODD et enfin le réseau panafricain de lutte contre l’insécurité alimentaire.
La production du riz par rapport aux objectifs est de 230-250 mille tonnes de riz blanchi aujourd’hui, pour un objectif de 400 mille tonnes en 2027 et 750 mille tonnes en 2030. L’ambition est de passer d’importateur à exportateur. Des investissements lourds avec près de 1 000 milliards FCFA déjà engagés sur 1 400 milliards prévus, via des projets comme Viva Bénoué, CARA, PADFA 1 et 2. Le Blocage principal demeure la commercialisation, les circuits de distribution faibles, la promotion limitée, les prix peu rémunérateurs. Comme on le dit : « on ne fait de l’agriculture commerciale que si on est sûr d’avoir le marché ». Dans les années 80, on était à 3 kg/hab/an, On parlait d'autosuffisance. Aujourd’hui malgré les 25 kg/hab/an, et une forte dépendance aux importations, on parle néanmoins d’insécurité alimentaire.

Les ODD et le partenariat.
Le Cameroun prépare son 3e Examen National Volontaire pour juillet 2026 dans une approche participative où gouvernement, société civile, secteur privé, académiques vont échanger. L'Objectif étant de « ne laisser personne de côté » et de créer des synergies d’action.
Ce réseau panafricain Créé en sept 2023, est rattaché à l’ECOSOCC de l’Union Africaine. L'objectif est d'avoir une Afrique autonome, avec une alimentation saine et durable avec le secrétariat permanent potentiellement au Cameroun.
Une avancée concrète pour le réseau panafricain, le Cameroun accueillera le secrétariat permanent du réseau avec la mise à disposition d’un bâtiment à l’École Pratique de Binguela avec l'ambition d'en faire un centre panafricain d’excellence. Un appel clair à l’unité, un appel à tous les acteurs : gouvernement, PTF, secteur privé, jeunes, femmes, bref tous les Camerounais. Le message clé : « C’est en mutualisant nos connaissances, nos ressources et nos volontés que nous ferons de la sécurité alimentaire une réalité ». Du riz aux ODD en passant par ce réseau, le défi est le même, passer de la vision à l’action coordonnée. Produire, oui, mais surtout organiser la commercialisation, la transformation, et la synergie entre acteurs pour que le riz local devienne compétitif. C'est une matière très riche pour le déjeuner-débat en vue du rapport ENV 2026 de juillet prochain.
Pour Mahamat Haroun Adoum président de RPLIAE, c'est un moment très critique malgré le potentiel immense avec 1/3 de la population africaine en situation d'insécurité alimentaire modérée ou grave. Les changements climatiques ou l'effondrement des écosystèmes transforment certaines zones humides en zone arides. L'insécurité alimentaire et environnementale sont deux faces d'une même pièce car il est impossible de lutter contre la famine sans protéger le sol, l'eau et la biodiversité. C'est face à cette triple menace climatique, écologique et alimentaire que le RPLIAE a été créée et rattaché au conseil économique et social de l'UA en septembre 2023 avec une mission claire. Le plaidoyer en direction des pouvoirs publics, la formation professionnelle, le renforcement des capacités des acteurs, etc.
Clément Noumsi
Réactions

Elisabeth Atangana, ambassadrice FAO pour les coopératives représentant les producteurs
« Nous remercions la Capef pour cette reconnaissance institutionnelle des organisations des producteurs à adhérer au réseau parlementaire de l'Union Africaine. L'une de nos attentes, c'est l'inclusivité avec la mobilisation des ressources au niveau continental pour que nous puissions travailler dans des questions de souveraineté et de sécurité alimentaire et également en tenant compte de toutes les organisations paysannes pour que le réseau puisse être la voix prépondérante des tout-petits producteurs africains ».

Paul Martin Minjos Momeny, président de la Capef
« Je voudrais dire que, nous accueillons depuis quatre (4) jours une importante mission du conseil économique et social de l'Union Africaine qui est venue au Cameroun dans le cadre de la création d'un réseau panafricain pour la sécurité alimentaire. Les membres de ce réseau à travers les pays membres de l'Union africaine sont constitués des producteurs et il était donc bon que durant leurs séjours en terre camerounaise qu'ils s'entretiennent avec ses différents groupes d'acteurs futurs membres du réseau. C'était ça l'objet de la rencontre de ce jour et je voudrais profiter de cette tribune pour dire merci aux uns et aux autres pour la mobilisation observée ».
Propos recueillis par CN




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