top of page
logo final choisi.png

Communication gouvernementale : Le Minee accompagné du Mincom balbutie sur les dérives de la Socadel

  • Photo du rédacteur: clément NOUMSI
    clément NOUMSI
  • il y a 2 heures
  • 3 min de lecture

L’auditorium du ministère de la communication a servi le 18 juin 2026 de cadre pour la communication de crise du ministre de l’Eau et de l’Energie Gaston Eloundou Essomba sur la situation énergétique accompagnée du ministre de la communication René Emmanuel Sadi.


Les trois décrets du 4 mai 2026 créant la Socadel consacrent la reprise en main par l’État d’un secteur miné par un déséquilibre financier structurel, épicentre des défaillances. L’acquisition des parts d’Actis dans ENEO dote l’État des moyens d’agir pour des réformes nécessaires et urgentes de stabilisation. Le diagnostic est posé : chargée de collecter la facture unique, l’ex-ENEO accusait un déficit l’empêchant de couvrir l’ensemble des charges du secteur, compromettant stabilité, efficacité et confiance dans ce domaine le plus sensible de l’économie nationale.


Installée le 5 mai 2026 au lendemain de sa création, la Socadel, détenue à 100 % par l’État, hérite de quatre chantiers structurants : piloter le secteur public de l’électricité, gérer et construire les infrastructures, redresser le réseau national par la stabilisation et la lutte contre la fraude, et assainir ses finances grevées par la dette. Cette feuille de route post-nationalisation vise à transformer la reprise en main souveraine en performance opérationnelle : qualité de service, réduction des pertes, rentabilité et recouvrement auprès des entités publiques. Les premières actions de la direction suscitent l’espoir de relever les défis fixés par le gouvernement.


Retour à la case de départ


Le passage à la SOCADEL marque une étape décisive dans la gestion énergétique nationale. Le ministre de l’Eau et de l’Énergie a souligné que ce changement répond à des défis structurels majeurs : un déficit financier chronique, des pertes techniques et commerciales élevées, ainsi qu’un faible niveau d’investissement dans les réseaux de distribution. Pour y remédier, un plan de restructuration est déjà déployé pour la période 2026-2028, avec pour priorités le refinancement de la dette et l’amélioration du recouvrement des recettes.


Face aux attentes des populations et des industriels, le gouvernement recadre les 100 jours de la Socadel, ils ne sont pas une promesse de solution miracle aux difficultés accumulées pendant cinquante ans, mais le point de départ du redressement. La stratégie vise à engranger plus de revenus pour payer à temps tous les opérateurs afin de relancer les investissements production, maintenance, extension et reconquérir la confiance des bailleurs. La création de la Socadel ouvre un nouveau chapitre placé sous le signe de la performance, de la transparence et de la responsabilité, réforme ambitieuse mais nécessaire.


La SOCADEL conditionne son redressement à trois actions des 100 jours avec l’élargissement de la base clientèle par le raccordement de 150 MW aux industriels à Douala, l’amélioration de la qualité via la modernisation supports béton, SmartGrid, élagage, remplacement des transformateurs et la lutte acharnée contre la fraude. Avec 3 000 cas identifiés en trois semaines dans les deux grandes métropoles (Yaoundé & Douala), la fraude est qualifiée d’hémorragie financière compromettant l’investissement avec près de 60 milliards de francs CFA de perte par an. La création d’une brigade nationale antifraude et l’intensification des opérations coup de poing traduisent la fin de la phase pédagogique, le recouvrement des recettes devient l’axe majeur de redressement.



A court terme


Le plan de restructuration 2026-2028 de la Socadel vise à restaurer l'autorité de l'État et rétablir l'équilibre financier par deux axes : augmenter les recettes et diminuer les charges. Dès les cent premiers jours, la priorité porte sur le recouvrement universel tout le monde devra payer sa facture avec traitement prioritaire des créances publiques au MINFI, et sur le refinancement de la dette pour libérer des liquidités d’investissement. Cette séquence post-nationalisation traduit la doctrine : le service public d’électricité exige paiement universel et discipline budgétaire de l’État.


Les six (6) plaies à guérir


L’effondrement d’ENEO résulte de six déséquilibres cumulatifs : pertes techniques élevées, faible recouvrement, fraude commerciale, endettement court terme, impayés publics et gel tarifaire depuis 2012 non compensé. Cette crise de liquidité empêche de couvrir les charges sectorielles producteurs indépendants, SONATREL, EDC, SONARA bloquant l’investissement et l’entretien des réseaux. Face à cette dégradation de la qualité et cette perte de confiance, la renationalisation en Socadel traduit la volonté ferme présidentielle de reprendre en main le destin énergétique par un plan de restructuration préalable.


La création de la Société Camerounaise d’Électricité le 4 mai 2026 parachève la nationalisation d’ENEO engagée en novembre 2025, portant la participation étatique à 95 %. En confiant à la SOCADEL la production, le transport, la distribution, l’importation et l’exportation, l’État opère une reprise en main visant à stabiliser le secteur sur des bases saines et renforcer la souveraineté énergétique. Cette recentralisation répond aux défaillances du PPP concession, délestages, 0 % accès et conditionne la SND30 sans électricité souveraine, l’émergence à l’horizon 2035 demeure une utopie.


Clément Noumsi

 
 
 

Commentaires


bottom of page