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Consultation régionale sur la justice transitionnelle en Afrique Centrale

  • Photo du rédacteur: clément NOUMSI
    clément NOUMSI
  • il y a 1 jour
  • 5 min de lecture


Durant deux jours les 23 et 24 Avril dernier, les pays de la CEEAC se sont retrouvés à Yaoundé pour échanger sur une justice transitionnelle sous l'initiative du bureau Afrique Centrale des nations unies (CNUDHD-AC).


La cérémonie d'ouverture a été présidée par Jean de Dieu Momo, ministre délégué auprès du ministre de la justice garde des Sceaux en présence du représentant des nations unies pour l'Afrique Centrale et de l'Union Africaine. A l'initiative du Centre des Nations Unies pour les Droits de l'Homme et de la démocratie en Afrique Centrale ( CNUDHD-AC), en collaboration avec le départ des affaires politiques, paix et sécurité (DPAPS) de la commission de l'Union Africaine (CUA), le ministère de la justice du Cameroun, la communauté économique des Etats de l'Afrique Centrale (CEEAC),le groupe de référence de l'UA sur la justice transitionnelle, le bureau régional des Nations Unies l'Afrique Centrale (UNOCA), l'organisation de la francophonie (OIF) et l'institut francophone pour la justice et la démocratie (IFJD), a organisé une consultation régionale de deux jours sur la justice transitionnelle en Afrique Centrale. La consultation a eu pour objectif d'élaborer un plan d'action régional pour la mise en œuvre de la politique de justice transitionnelle de l'Union Africaine (PJTUA) en Afrique Centrale ; renforcer les capacités des acteurs étatiques et non étatiques en matière de conception, de mise en œuvre et de suivi des mécanismes de mise en œuvre et de suivi des mécanismes de justice transitionnelle ; partager les bonnes pratiques et les enseignements tirés des expériences nationales en Afrique Centrale et au-delà ; promouvoir la collaboration régionale entre les parties prenantes en vue d'un impact durable. Les participants avaient pour objectif d'élaborer un plan d'action régional, renforcer leur appropriation des instruments africains de justice transitionnelle et établir des engagements concrets en faveur d'une coopération régionale soutenue.


C'est environ 40 participants qui ont pris part à la consultation, parmi lesquels des représentants de sept pays d'Afrique centrale (Burundi, Cameroun, Gabon, République centrafricaine, RDC, République du Congo Brazzaville et du Tchad, des experts en justice transitionnelle ainsi les représentants des organisations partenaires régionales et internationales.


Clément Noumsi


Rections


S.E. Abdouraman Mbari, représentant de l’Union Africaine

« La consultation régionale qui se tient ici à Yaoundé, au Cameroun, les 23 et 24 avril 2026, porte sur la justice transitionnelle en Afrique centrale. Je voudrais d’abord saluer et reconnaître le rôle et le soutien constant des autorités camerounaises. De mémoire, c’est la quatrième fois que cette belle ville de Yaoundé accueille un événement aussi important sur un sujet aussi crucial. La toute première conférence sur la justice transitionnelle dans le monde francophone s’est tenue ici à Yaoundé en 2006, puis la deuxième en 2009, la troisième en 2013. Cette consultation intervient aujourd’hui dans un cadre particulier : elle fait suite à l’adoption par l’Union Africaine d’une politique continentale sur la justice transitionnelle et à la mise en place du Groupe de Référence de l’UA sur la justice transitionnelle en Afrique. Cette consultation bénéficie, encore une fois, de l’hospitalité et du soutien constant des autorités camerounaises. Elle bénéficie aussi de l’accompagnement de l’Union Africaine, de l’Organisation Internationale de la Francophonie, de l’Institut Louis JOINET, du FONAREV et, bien évidemment, des Nations Unies, dont le Bureau Régional du Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme que j’ai l’honneur de diriger. Il s’agit, pendant les deux prochains jours ici à Yaoundé, de discuter de tous les concepts et de toutes les réalités qui se posent en Afrique centrale, et de travailler à l’élaboration d’un plan d’action sur la justice transitionnelle en Afrique centrale. Je pense que c’est un outil qui sera utile aux États et à toutes les sensibilités de nos sociétés dans tous les pays d’Afrique centrale. Nous savons que le parcours n’est pas toujours facile. Il y a des crises, des processus politiques, des transitions qui, malheureusement, ne se passent pas toujours de façon paisible. Elles engendrent souvent des violences, des violations et des abus graves des droits humains. Souvent, au moment où nous sortons de ces zones de turbulences, nous sommes tentés par des recettes faciles, par la voie la plus rapide, en oubliant l’essentiel : toute réconciliation durable doit prendre en compte les piliers que la justice transitionnelle apporte rendre justice aux victimes, établir la vérité, accorder des réparations. Tous ces éléments donnent une garantie de trouver des solutions durables et de faire en sorte que la reconstruction puisse se faire, et que l’avenir se construise de façon plus rassurante et plus soutenable ».


Nouhou Sangare, directeur du Centre des Nations Unies pour le Droit de l’Homme et la Démocratie en Afrique Centrale

« La justice est essentielle. Je suis en charge des questions de démocratie, d’élections, de constitutionnalisme, d’État de droit et de justice transitionnelle pour la Commission de l’Union Africaine. La réunion d’aujourd’hui est importante parce que nous traitons d’un thème capital : la justice transitionnelle. C’est un mécanisme particulier, mis en place à l’issue des conflits ou lorsque le pays a connu des situations très graves. La justice classique que nous connaissons n’est pas toujours en mesure de régler tous les problèmes. Même quand elle rend ses décisions, l’aspect psychosocial n’est généralement pas pris en compte. Résultat : les gens continuent de vivre avec leurs blessures. Quand la justice est rendue, certaines personnes ne se sentent pas satisfaites parce qu’elles n’ont pas eu la possibilité d’exprimer ce qu’elles ont dans le cœur, ce qu’elles ont vécu. C’est pour cela que l’Union Africaine a adopté, depuis février 2019, une Politique de l’Union Africaine en matière de Justice Transitionnelle. Depuis, l’UA travaille à aider les Communautés Économiques Régionales et les États membres à mettre en place de telles politiques. Objectif : permettre aux pays qui traversent des situations difficiles d’en sortir avec apaisement, renforcement de la paix, et capacité à vivre ensemble. La réunion d’aujourd’hui, comme celles tenues dans d’autres régions, vise à aider la CEEAC (Communauté Économique des États de l’Afrique Centrale) à se doter d’une politique régionale de justice transitionnelle. Et à aider les États membres d’Afrique centrale qui ont connu des situations difficiles à se parler, à mettre en place des mécanismes qui renforcent la réconciliation nationale et qui évitent que ces problèmes ne reviennent. C’est ce qu’on appelle la garantie de non-répétition. Cela doit leur permettre de se regarder en face. Il y aura le pardon, il y aura la justice, et cela ne signifie pas impunité.. Voyez-vous, cette réunion est très importante pour mettre en place tous ces mécanismes et permettre à la région Afrique centrale d’avancer sereinement dans la consolidation de la paix, la consolidation de la réconciliation, pour le vivre-ensemble. Sans recul, et lorsque la justice aura été rendue, bien évidemment ».


Jean de Dieu Momo, ministre délégué auprès du Minjustice

« La justice transitionnelle vient en complément de la justice professionnelle, c’est-à-dire la justice judiciaire rendue dans nos palais de justice. Elle doit être implémentée parce que c’est une forme alternative de justice qui réconcilie les communautés et les peuples. Ce n’est pas une justice simplement punitive, c’est une justice réconciliatrice. Elle cherche à réconcilier les personnes et les communautés en conflit. Nous l’avons vu dans le Nord-Ouest et le Sud-Ouest : des populations attaquées, en colère, des massacres, des morts. Il faut une justice autre que la justice classique des tribunaux. C’est le but de ce séminaire, de ce forum : discuter avec des professionnels venus du monde entier pour nous aider à envisager et à implémenter une justice différente de la justice professionnelle. Une justice de transition, une justice transitionnelle ».


Propos recueillis par CN

 
 
 

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