Célébration de la journée internationale des langues maternelles édition 2026.
- Clément Noumsi
- il y a 16 heures
- 4 min de lecture

En prélude à cette célébration, l'association Women Slam For Peace ans Dévelopment (WS4PD) a organisé le 20 février dernier une table ronde avec pour thème « transmission de nos langues maternelles : opportunités, défis et perspectives » au cabaret Ubuntu situé à Yaoundé au quartier Fouda.
Sous la modération de Matchadjé Yogolipaka éditeur et promoteur culturel, les panélistes Tchonang Jimple metteur en scène et promoteur culturel, Queen Naahtal art thérapeute, Maître Gaëlle Yang avocate au barreau, Pr Ndé Mu Foppin enseignant-chercheur et prêtre traditionnel ont tous répondus présent à cette galette d'échanges sur la thématique sur la question de la transmission de nos langues maternelles avec le risque de disparition qui est une évidence. Pendant plus deux heures d'horloge les différents panélistes ont présenté en fonction de sa casquette la nécessité d'une prise de conscience collective vis à vis de nos langues maternelles et surtout d'un changement de paradigme qui s'impose à nous pour sauver le peu qui nous reste. Pour Me Gaëlle Yang avocate, l'un des chantiers très important à réaliser serait de mettre par écrit notre droit coutumier et que cela soit appliqué dans nos tribunaux car comme quelqu'un l'a dit, le code civil Napoléonien "dit droit positif" tranche les litiges là où le droit traditionnel africain arrange plutôt les problèmes entre individus beaucoup plus dans le sens d'un compromis. Le modérateur pour ajouter l'eau à son moulin a présenté la constitution du Cameroun du 18 janvier 1996 écrite en langue Ewondo, une grande première pourquoi pas nos droits à nous dans un recueil est disponible dans nos tribunaux ? l'Afrique doit se regarder dans un miroir et cette prise de conscience est la voie du salut dans un monde devenu un village planétaire dans lequel le choc des civilisations se trouve dans un carrefour du donné et de recevoir où personne n'est de trop, ni inférieur à qui que se soit juste notre humanité avec ses diversités plurielles dans une mosaïque de culture.

l'Afrique gagnerait à s'approprier toutes les innovations technologiques pour enraciner l'apprentissage de nos langues maternelles à tous les stades de l'éducation et pourquoi pas enseigner dans nos langues maternelles. Ce retour aux sources est une nécessité pour tous les africains qui en plus doivent adopter notre spiritualité en lieu et place de ces dieux venus d'Orient.
En plus de la célébration de la journée internationale des langues maternelles du 21 février dernier, la coordinatrice de l'association WS4PD était en concert live le 22 février 2026 au lieu dit NDA Mekok sis à borne fontaine Emana dans Performance Slam "Peau Étique" avec au programme Randonnée, dégustation des mets traditionnels, défilé de mode etc.
Clément Noumsi
Réactions

Pr Ndé, enseignant-chercheur, prêtre traditionnel
« Cette initiative est louable et audacieuse. Je suis autant surpris que cette initiative soit portée par une jeune compatriote qui pose la problématique de nos langues maternelles ou nationales dans notre pays le Cameroun. Je souhaite qu'elle continue à organiser ce genre de rencontre en invitant tous les publics pour des échanges et surtout les hommes et femmes des médias pour relayer au plus lointain possible ses efforts ».

Free T, Slameuse, organisatrice de la table ronde et coordinatrice du SW4PD
« L'objectif de cette table ronde est d'attirer l'attention sur ce que nous avons tendance à négliger, ce n'est pas seulement les masques et autres que nous perdons mais aussi nos langues se meurent. Il y a un fossé qui se crée entre notre génération et celle de nos parents car très peu jeunes peuvent s'exprimer couramment dans nos langues maternelles aujourd'hui sans y adjoindre le français ou l'anglais. Alors en tant jeune et maman, je me pose cette question où allons nous ? Est ce que nous allons nous retrouver demain ? C'est pourquoi nous avons organisé cette table ronde pour sensibiliser tout le monde sur la disparition de nos langues maternelles même si dans le système scolaire il y a quelques langues cinq (5) au total sur plus de 250 qui sont déjà apprises, il faut trouver des stratégies pour que la langue maternelle ne soit plus considérée comme un fardeau mais plutôt comme un atout. Sur l'ensemble du territoire et même à l'extérieur, nous avons eu plusieurs contacts qui se posent déjà la question de savoir s'il est possible d'avoir des enseignements en ligne, voilà déjà une opportunité qui s'offre à nous et c'est à nous de la saisir. Nous sommes déjà en contact avec plus établissements dans lesquels les activités vint être menées à travers des contes, des Slams bref sur tout ce qui est oralité. L'objectif est d'aboutir d'ici le mois de juillet sur le concept appelé FINATAWA qui sera notre festival pendant lequel nous aurons l'apothéose de l'ensemble de nos activités. Je pense que l'approche de ce compatriote qui a déjà mis plusieurs sur pied l'apprentissage de nos langues avec l'outil informatique est une bonne chose mais à mon avis je pense que nous devons écrire nos langues avec l'alphabet que nous utilisons toujours pour faciliter son approbation car c'est la tonalité qui compte selon moi, la phonétique me semble un peu plus complexe avec tous ces accents pourtant l'utilisation de l'alphabet permet d'avoir la tonalité recherchée et sera lisible par tous peu importe l'endroit où il se trouve ».
Propos recueillis par CN




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