Dialogue social : le MINTP appelle à plus d’écoute, d’implication et de responsabilité dans les projets d’infrastructures.
- clément NOUMSI
- il y a 5 jours
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Cette invite s’est faite au terme de la conférence organisée le 30 avril 2026 à l’Immeuble siège du Ministère des Travaux Publics, au cours de laquelle le Ministre des Travaux Publics, Emmanuel NGANOU DJOUMESSI, a invité les acteurs de son secteur à renforcer le dialogue social permanent dans la réalisation des projets d’infrastructures.
En prélude à la célébration de la 140ᵉ édition de la Fête Internationale du Travail, le Ministère des Travaux Publics a organisé une conférence placée sous le thème : « Dialogue social et inclusion socio-économique dans les projets d’infrastructures ». Les travaux ont été ouverts par le Ministre des Travaux Publics, en présence d’un personnel venu nombreux pour s’abreuver à la source et surtout, s'enrichir des exposés partagés par les panélistes. Cette initiative visait à promouvoir un climat de concertation permanente entre les différents acteurs, à renforcer les mécanismes de dialogue au sein de l’administration et des entreprises, mais aussi à améliorer les conditions de travail et la productivité dans la mise en œuvre des projets. À travers cette rencontre, le MINTP entend consolider la paix sociale, indispensable à la réalisation efficace et durable des infrastructures.
Les échanges modérés par le Directeur Général des Travaux d’infrastructures, Mbella Eboumbou Jean-Michel, ont permis d’éclairer les participants sur plusieurs problématiques. Le dialogue social au sein du MINTP a fait l’objet d’un état des lieux présenté par les délégués du personnel, M. BOGONDO Julien et Madame Mbiog Sidonie mettant en évidence les acquis, mais aussi les efforts à poursuivre pour renforcer la communication interne et la participation des agents. La question de l’optimisation de la main-d’œuvre locale a également fait l’objet d’une thématique. Présentée par le Pr ESSE Corine, l'optimisation de la main d’œuvre locale permet de transformer les projets routiers en véritables moteurs de développement local, en créant des emplois, en renforçant les compétences techniques et en dynamisant les économies locales. Le Pr a insisté sur la nécessité de privilégier des approches à haute intensité de main-d’œuvre, de mettre l'accent sur les clauses contractuelles en faveur de l'implication de la main d'œuvre locale, de valoriser les ressources locales et d’accompagner les PME pour maximiser l’impact des investissements.
Le travail décent, autre axe des discussions, a été présenté par Mme NGUETSA Sagesse Directeur Technique BET Le COMPETING et Monsieur PIVAGA Inspecteur Technique N2, comme un facteur de performance. Il repose sur le respect des droits des travailleurs, l’amélioration des conditions de travail et la mise en place d’un environnement propice à l’épanouissement professionnel, a-t-on appris des panélistes. Les échanges ont en outre permis d’aborder la gestion des conflits dans le secteur des BTP, en mettant en avant le rôle du dialogue dans la prévention des tensions et la recherche de solutions durables. La présentation était faite par Mme TSINGANG Yvette Directeur des Contrats et M. TIKUM Elias Général MATGENIE.

Dans son mot de clôture, le Ministre des Travaux Publics a insisté sur l’importance du dialogue au sein des équipes. Il a appelé les responsables à plus d’écoute et d’encadrement, rappelant que le supérieur hiérarchique a un devoir de formation et d’accompagnement vis-à-vis de ses collaborateurs. Il a également encouragé les agents à s’exprimer et à s’impliquer davantage dans la vie des services.
Le Ministre a souligné que « le dialogue social permet de créer un cadre de travail apaisé, de réduire les risques de conflits et d’améliorer la performance globale ». Il a par ailleurs rappelé que le travail décent ne peut exister sans un environnement adapté, respectueux des règles et garantissant des conditions de travail dignes. Conscient du contexte économique, il a invité l’ensemble des acteurs à faire preuve de résilience et de responsabilité, en soulignant que la création de richesse est essentielle pour améliorer durablement les conditions de vie des travailleurs.
Clément Noumsi
Réactions
Pr Corine Esse, CT n°2
« Il serait prétentieux de parler de l'expertise que l'on peut faire aujourd'hui de la main d'œuvre locale mais il faut reconnaître un fait c'est que dans le domaine du bâtiment, nous avons une pyramide qui est assez large à la base avec beaucoup d'ingénieurs, de techniciens supérieurs et un sommet effilé et ce qui sous-entend de former davantage des ouvriers qualifiés et pour cela il est important de ramener la formation au niveau des zones d'interventions des projets d'où notre sous thème sur l'optimisation de la main d'œuvre locale dans la mise en œuvre des projets d'infrastructures qui nous a amené à revisiter d'une manière ou d'une autre les stratégies et mesures qui sont adoptées au niveau national et au niveau du MINTP. Nous avons mis en avant un certain nombre de partenaires que nous pouvons déjà avoir comme la construction de la nationale n°11 ou la nationale n°15 pour relever que plusieurs jeunes ont été formés et reversés dans le processus de réalisation de ces travaux. Le volet transparence est une nécessité lorsqu'on veut mettre en avant la main d'œuvre locale dans un projet d'exécution, on parle de transparence pour des questions d'équité et d'égalité car lorsque vous êtes amenés à sélectionner 30 jeunes par exemple, pour leur formation et leur reversement dans les travaux, il faut des critères bien identifiées et connues de ceux qui seront sélectionnés pour éviter de créer plutôt des frustrations, ce qui n'est pas l'objectif visé ».
Sagesse Nguetsa, directeur technique du Competing
« Notre exposé à porter sur le travail décent dans les projets routiers. Nous avons notamment parlé du fait que le secteur routier est un vecteur de la performance dans l'économie d'un pays et engagé beaucoup de travailleurs dans l'ensemble. La particularité est qu'il s'étend sur un linéaire et le traitement des employés nécessité de la décence car ils sont exposés aux intempéries en longueur de journée. Nous avons également abordé la hiérarchie des routes étant donné que les routes sont financés par l'État et ses partenaires (bailleurs de fonds). Il y a toute une chaîne d'acteurs depuis le maître d'ouvrage en passant par la mission de contrôle jusqu'aux ouvriers, sous-traitants et fournisseurs qui interviennent avec le prestataire et pour chacun de ses éléments, nous avons défini ce qu'il faut mettre en place. Le maître d'ouvrage mérite les meilleures conditions et la mission de contrôle qui doit faire le suivi pour s'assurer que l'exécution respecte les exigences du maître d'ouvrage. En cas de non respect, les travaux ne sont pas réalisés dans les délais et parfois les abandons de chantiers ce qui entraîne les coûts supplémentaires ».
Propos recueillis par CN




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