Journée internationale des veuves : la mise au point Mme le Minproff
- clément NOUMSI
- il y a 1 jour
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A l'occasion de la 16ème édition de la JIV sous le thème "Justice, Dignité et autonomisation économique des veuves", Mme le ministre de la promotion de la femme et de la famille, le Pr Marie Thérèse Obama épse Abena Ondoa a fait une déclaration le 23 juin dernier dans son département ministériel devant les hommes et femmes de médias pour faire le point sur les avancées et les attentes vis à vis de cette couche vulnérable de la société.
Dans son discours de circonstance, Mme le ministre rappelle que cette 16e Journée des Veuves est placée sous le thème "justice, dignité et autonomisation économique", et Mme le ministre révèle que le monde compte environ 258 millions de veuves, dont une sur dix vit en situation de pauvreté extrême, subissent l'ostracisme, la spoliation des biens, le déni des droits de succession et les pratiques traditionnelles néfastes. Le gouvernement camerounais, qualifiant ces abus de plus graves violations des droits de l'homme et les principaux obstacles au développement, mise sur le plaidoyer, l'éducation juridique et les initiatives d'autonomisation économique pour briser l'exclusion juridique, économique et sociale qui marginalise les veuves.

Mme le ministre a énuméré plusieurs cas comme la spoliation des veuves, opérée avant que le corps ne soit déposé dans une morgue par une belle-famille qui ferme la maison, illustre l’exclusion juridique et économique systémique. Accusées d’être maudites et sorcières, elles subissent l’organisation patriarcale qui les maintient en précarité. L’État répond par un arsenal juridique, la ratification de la CEDEF, le Protocole de Maputo, de la CADBE, criminalisation de la déshéritation par le Code pénal 2019, et la sécurisation des actes par la loi sur l’état civil de 2024. L’enjeu est de garantir le patrimoine, la pension non basée sur l’état matrimonial, le travail décent et l'éducation pour rompre le cycle pauvreté-violence-exclusion.
En attendant le projet de loi est encore au niveau de la primature, et qui doit prendre le chemin de la présidence avant d'arriver au parlement où les députés l'attendent déjà, au vue du plaidoyer que nous avons mené là-bas. Nous avons un document d'accompagnement des veuves en attendant la loi spécifique, ce document est traduit en quatre (4) langues maternelles à savoir le pigdin, le fulfulbé, l'Ewondo et le ghoma'la ainsi que la version audio. Il existe la stratégie nationale basé sur le genre, le politique nationale genre, la résolution 1325 des nations unies sur femme paix et sécurité et bien d'autres. Au niveau culturel, la dénonciation de mauvaises pratiques sont à encourager.
Ensuite Mme le ministre est allée encourager les veuves productrices qui ont exposé leurs savoir-faire à la délégation régionale du Centre.
Clément Noumsi
Réaction

Sophie Estelle Gouleu, veuve et responsable de l'association Winesse
"Je dois préciser avant tout que cette journée est celle de la reconnaissance des droits de la veuve, comme Mme le ministre l'a dit, c'est une occasion idoine de rappeler à la communauté nationale et internationale que les veuves ont un rôle très important dans le développement de notre pays. Donc, il est question en ce moment de rappeler que malgré la vulnérabilité d'une veuve, elles ne restent pas des personnes en marge de la société. Elles doivent être traitées avec dignité et être autonome sur le plan économique. Cela fait dix ans que je suis veuve avec sept (7) enfants aujourd'hui orphelins à ma charge, je n'ai pas eu l'occasion de voir le comportement de ma belle famille par rapport aux rites de veuvage. Il m'a fallu beaucoup de courage pour jouer le double rôle de père et de mère sans m'apitoyer sur mon sort et j'ai envie de me dire bravo pour tout ce que j'ai pu accomplir jusqu'à ce jour. A travers l'association des veuves engagées pour l'économie sociale et solidaire (Winesse), nous voulons pouvoir le dire à toutes les veuves, c'est arrivé, il faut faire avec ainsi va la vie. On doit être des personnes socialement viables car le monde ne s'arrête pas. Le veuvage est comme les arthroses, on ne le soigne pas, on apprend à vivre avec, quand vous avez mal, il faut trouver l'antidote qui vous calme et on se lève et on avance avec, en visant la lune".
Propos recueillis par CN




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