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Le Minmidt au SAGO : la restructuration du secteur minier national

  • Photo du rédacteur: clément NOUMSI
    clément NOUMSI
  • il y a 2 jours
  • 4 min de lecture

Le Pr Fuh Calistus Gentry a présenté le 9 juin dernier la situation du secteur minier et insisté sur la restructuration. Devant un public des grands jours, le ministre des mines par intérim est sur le choix de la semi mécanisé et présenter les avantages.


L’année 2025 marque l’entrée effective du Cameroun dans l’ère minière industrielle avec l’arrivée des wagons Mbalam en juillet et les premières exportations de fer en septembre, prélude à un projet de transformation en aluminium de 3 milliards de dollars. L’année 2026 programme cinq projets miniers structurants : Lobe-Kribi, Bipindi-Grand Zambi, et trois gisements d’or à Colomine, Bibémi et Mborguene, totalisant près de deux millions d’onces. Le jumelage Mbalam-Nabeba pour un transport ferroviaire, les négociations sur Nkamouna et la sollicitation mondiale pour les terres rares, uniques en Afrique, positionnent le pays comme futur acteur minier mondial. Si la distraction de l’or artisanal était levée, le Cameroun célébrerait son entrée dans le cercle des pays miniers, concrétisant l’axe minier de la SND30 par des partenariats public-privé structurants.


L’organisation du secteur minier repose sur un triptyque : le MINMIDT innove la politique, la SONAMINES représente l’État avec 10 % du capital et gère le partage de production, l’IRGM produit les cartes et contrôle. Face à 200 sites artisanaux et 57 autorisations dont 39 retirées pour manquements environnementaux, fiscaux et techniques, le ministère restructure le secteur. La collecte à la source par la SONAMINES de 25 % d’impôt synthétique et 5% de droits de sortie est minée par la sous-déclaration : 600g déclarés sur 10kg produits, le reste s’évaporant vers le Togo à fiscalité nulle. Si le MINMIDT met en place la production, l’or collecté est déposé au MINFI et échappe au contrôle du ministère aux frontières. Avec 1 500 kg collectés, l’enjeu est de tarir l’hémorragie pour que l’or industriel programmé en 2026 contribue effectivement aux richesses nationales.


Face aux dérives de l’orpaillage artisanal, le MINMIDT impose une doctrine de souveraineté : 51 % du capital des sociétés semi-mécanisées réservé aux Camerounais, car l’artisanal relève du niveau national tandis que l’industriel nécessite des partenaires. Pour garantir la rentabilité étatique, un seuil de production minimale de 5 kg est exigé, justifiant le choix de 15 à 50 sociétés respectant les normes contre 200 sites actuels. La transition technique vers la lixiviation en système à base de vise un rendement de 300 kg pour 6 mois et une réduction de l’impact environnemental. La fiscalité, collectée à la source y compris pour la mine industrielle, assure la traçabilité, le MINMIDT contrôlant la production réelle tandis que les douanes sécurisent les sorties, condition pour que l’or contribue aux richesses nationales.



La politique industrielle du MINMIDT s’articule autour de sept piliers : café transformé de 30 % à 100 %, aluminium, bois financé par la Banque Mondiale pour une transformation intégrale, textile en négociation avec la SFI, agroalimentaire cacao, énergie domestique avec unités de bouteilles de gaz, et qualité avec le leadership africain en indications géographiques. Le diagnostic établit que l’industrialisation ne dépend pas du nombre d’usines mais de l’énergie, des infrastructures spécifiques comme les packs industriels et des financements. Avec 70 % de l’industrie CEMAC selon la Banque Mondiale, le Cameroun mise sur les normes ANOR et l’innovation jeunesse pour devenir un pays industrialisé, condition pour que la transformation des matières premières minières et agricoles génère la valeur ajoutée nécessaire à l’émergence.


Clément Noumsi


Réactions


Pr Fuh Calistus Gentry, Minmidt

« Je souhaite qu'on retienne que le Cameroun est entré dans le club privilégié des pays miniers au monde en 2025 avec la mise en production de 5 projets miniers donc le fer Grand Zambi, le fer de mamal de Kribi par Sinosteel, la bauxite de Minip Marta développé en 9 volets et le calcaire de Bipindi. Cinq autres projets seront lancés courant 2026, on parle de milliers d'emplois. Nous avons fait le choix de la restructuration de l'artisanat minier ce qui va procurer à notre pays des recettes immédiates sur le plan législatif, environnemental, technologique, de collecte sur le seuil minimal. Nous avons décidé que le choix du semi mécanisé, l'entreprise doit avec l'État démontrer que l'activité va générer un minimum de 5 kilogrammes d'or par mois pour les minerais primaires et 3 kilogrammes pour les minerais alluviales. Ceci est faisable et nous allons le démontrer dans les jours à venir scientifiquement et avec cela l'État va tirer son compte. Au moment où je vous parle 110 sociétés sont traduites en justice et pour les jours à venir d'autres le seront encore. L'écart des déclarations entre la production locale et la quantité retrouvée à l'étranger est dû à des déclarations sur le site. La restructuration vise à corriger cela et je suis convaincu que les camerounais vont reprendre le secteur artisanal où la loi leurs accordent un minimum de 51 % pour toute exploitation semi mécanisé au Cameroun car l'exploitation illégale exclue les riverains et l'État aussi se retrouve flouer dans les déclarations de la production réelle ».



Propos recueillis par CN

 
 
 

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