20 novembre 2025 Journée Mondiale de l’Enfance : Face aux violences, abus et exploitation des enfants, la CDHC s'insurge.
- Clément Noumsi
- 21 nov. 2025
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Placée sous le thème « Écoutez les enfants, défendez les Droits de chaque enfant, chaque jour », cette célébration mondiale vient rappeler sil en était encore besoin la place de l’enfant dans la construction du tissu social. Une autre occasion pour l’Afrique de se pencher sur la situation des enfants sous le continent après la journée de l’enfant africain qui se célèbre le 16 juin de chaque année.
La Commission accueille favorablement le thème retenu par le Fonds des Nations Unies pour l’Enfance (UNICEF) pour la célébration de l’édition 2025 de la Journée mondiale de l’enfance, à savoir : Écoutez les enfants, défendez les Droits de chaque enfant, chaque jour, un thème qui met en avant l’appel à donner la parole aux enfants, à reconnaître leur capacité à exprimer leurs opinions, leurs besoins et leurs aspirations et à les inclure dans les décisions qui les concernent, conformément à l’esprit de la Convention relative aux Droits de l’enfant.
La Commission note que le thème de la Journée mondiale de l’enfance de cette année est en consonance avec l’Agenda 2063 de l’Union africaine (UA) et l’Agenda 2030 des Nations Unies qui placent l’humain et particulièrement l’enfant au centre du développement durable ; qu’en lien avec l’aspiration 6 de l’Agenda 2063, il met en évidence la nécessité d’investir dans le potentiel des jeunes africains, de garantir leur protection, leur éducation et leur participation active à la construction d’une Afrique prospère, inclusive et pacifique.

La Commission salue les efforts des pouvoirs publics et de leurs partenaires visant à intensifier la réalisation des Droits de l’enfant dans un monde en mutation, parmi lesquels la mise en œuvre par le ministère de l’Éducation de base, avec l’appui de l’Union européenne (UE), du Conseil norvégien pour les réfugiés et de Plan International, en juillet 2025, du Programme d’éducation accélérée visant à permettre à plus de 400 enfants déplacés internes de rattraper leur retard scolaire et d’être réintégrés dans le système éducatif formel dans la Région de l’Extrême-Nord, un programme lancé le 17 janvier 2024 qui a déjà permis la réintégration d’environ 4 000 enfants non scolarisés dans le système éducatif formel.
La Commission salue l’adoption par le Parlement et la promulgation par le président de la République de la loi n° 2024/016 du 23 décembre 2024 portant organisation du système d’enregistrement des faits d’état civil, à la suite d’un plaidoyer de la CDHC pour la facilitation de l’établissement des actes de naissance, transmis le 28 mars 2022 ; une loi qui introduit deux innovations majeures, à savoir l’extension des délais de déclaration de naissance de 30 à 90 jours et celle des délais de réquisition du procureur de la République de six à 12 mois afin de limiter le phénomène des enfants fantômes.
La Commission rappelle que le 16 juin 2025, lors de la 35e édition de la Journée de l’enfant africain, le Gouvernement camerounais a réaffirmé son engagement envers la promotion et la protection des Droits de l’enfant en annonçant une enveloppe de plus de deux milliards de francs CFA pour l’année 2025, destinée à soutenir le bien-être des enfants.

La Commission reste profondément préoccupée par la persistance des violences, abus et exploitations à l’encontre des enfants, notamment leur exploitation par certains acteurs politiques et les groupes armés non-étatiques, les violences domestiques, les châtiments corporels, les violences sexuelles, les mariages précoces et la traite, dans un contexte où l’application des lois protectrices demeure inégale et où les mécanismes de signalement autant que de prise en charge sont sous-financés.
La CDHC note pour le déplorer, que la corruption constitue un obstacle majeur à la réalisation optimale des Droits de l’enfant, dans la mesure où la mauvaise gestion des ressources publiques, les détournements de fonds et le favoritisme privent souvent les enfants de services essentiels tels que la nutrition, l’éducation de qualité, la santé ou la protection sociale ; d’où la nécessité d’intensifier la lutte contre la corruption en créant un environnement où chaque enfant bénéficie équitablement des ressources et des opportunités nécessaires à son plein épanouissement.
La Commission recommande spécifiquement au Gouvernement, aux partenaires au développement ainsi qu’aux OSC d’engager tous les acteurs pertinents à poursuivre la mise en place de mesures visant à accélérer l’accès gratuit et inclusif à une éducation de qualité pour tous en cette année terminale de la stratégie continentale de l’éducation pour l’Afrique 2016 - 2025.
Clément Noumsi




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