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Déclaration de la CDHC à l'occasion de la 53ème édition de la journée mondiale de l'environnement du 5 juin 2026 avec pour thème : Maintenant pour le Climat

  • Photo du rédacteur: clément NOUMSI
    clément NOUMSI
  • il y a 10 heures
  • 5 min de lecture

La Commission accueille avec satisfaction le thème retenu par le Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE) pour l’édition 2026 de la Journée mondiale de l’environnement, à savoir Maintenant pour le Climat, un thème qui souligne l’urgence absolue de passer de la parole aux actes, en mettant particulièrement l’accent sur le fait que la fenêtre d’opportunités permettant de limiter le réchauffement à 1,5° C se referme rapidement, autant qu’il appelle à une mobilisation immédiate et collective pour transformer nos systèmes énergétiques et restaurer la nature avant que ne soient atteints les points de bascule climatiques, faisant ainsi du développement durable non une simple ambition, mais un cadre fondé sur la justice et le respect de la vie.


La Commission rappelle que la Commission africaine des Droits de l’homme et des peuples (CnADHP) a affirmé de manière constante dans sa jurisprudence que « le droit à un environnement satisfaisant est indissociable de la dignité humaine [et impose aux États] des obligations positives d’action immédiate » ; qu’elle a également estimé que le défaut de protection effective des populations contre les dégradations environnementales constitue une violation directe des Droits à la vie et à la santé ; qu’ainsi, dans la Communication n° 155/96, Social and Economic Rights Action Center (SERAC) et Center for Economic and Social Rights (CESR) c. Nigeria_ , vidée lors de sa 30ᵉ session ordinaire (octobre 2001), la Commission a dit pour droit que l’article 24 de la Charte africaine des Droits de l’homme et des peuples (CnADHP) impose aux États l’obligation de prendre des mesures raisonnables pour « prevent pollution and ecological degradation, to promote conservation, and to secure an ecologically sustainable development and use of natural resources » ( prévenir la pollution et la dégradation de l’environnement, promouvoir la conservation des ressources naturelles et garantir un développement écologiquement durable, ainsi qu’une exploitation durable de ces ressources ).


La Commission relève qu’au niveau national, le juge camerounais a progressivement intégré l’impératif écologique comme une composante essentielle de l’ordre public et de la protection des Droits humains ; que la Cour suprême du Cameroun, notamment dans l’affaire État du Cameroun c. Société forestière Hazim et compagnie (SFH & Cie) et autres, arrêt n° 28/P du 27 mai 2010, a posé des jalons importants en matière de responsabilité environnementale, en confirmant que « le non-respect des normes de gestion des ressources naturelles engage la responsabilité de l’acteur et nécessite une intervention judiciaire prompte pour faire cesser le dommage » ; la haute juridiction a ajouté que face à l’urgence environnementale, « l’administration est principalement engagée dans la protection de l’environnement » et que « toute atteinte grave à l’équilibre climatique ou écologique constitue une menace directe à la vie et à la dignité, exigeant une action corrective immédiate, conformément au principe pollueur-payeur ».


La Commission salue les efforts des pouvoirs publics et de leurs partenaires visant à accélérer l’action climatique nationale, conformément à l’urgence dictée par le thème de l’édition 2026 de la Journée mondiale de l’environnement, notamment à travers la promulgation par le chef de l’État de la loi n° 2025/012 du 17 décembre 2025 portant loi de finances de la République du Cameroun pour l’exercice 2026, dans laquelle le budget alloué au MINEPDED est passé de 11,58 milliards FCFA en 2025 à 14,160 milliards FCFA en 2026, soit une hausse de 2,58 milliards en valeur absolue et 22,28 % en valeur relative, ce qui traduit la volonté des pouvoirs publics de renforcer les interventions relatives à la lutte contre les changements climatiques, à la restauration des paysages dégradés, à l’adaptation climatique, à la gestion durable des ressources naturelles et à la gouvernance environnementale au Cameroun.



La Commission constate, pour le déplorer, le grave désastre environnemental qui affecte aujourd’hui le fleuve Wouri, une dégradation qui résulte notamment des écoulements industriels non traités, des résidus d’hydrocarbures et des espèces invasives transportées par les navires, des boues de vidange domestiques directement déversées dans les eaux, ainsi que des huiles usagées provenant des ateliers mécaniques et des unités artisanales ; à cela s’ajoutent les déversements de produits chimiques dangereux, l’accumulation de déchets solides de diverses natures et les eaux de ballast (eaux embarquées ou rejetées par les navires pour leur stabilité, leur équilibre et leur sécurité pendant la navigation) non conformes qui favorisent l’introduction d’agents pathogènes et d’espèces exotiques envahissantes, perturbant durablement les équilibres écologiques et la biodiversité aquatique.


La Commission reste préoccupée par l’impunité relative de certains acteurs privés à l'origine de la pollution affectant la santé des populations riveraines et dégradant l’environnement, notamment dans les secteurs de l’exploitation minière, forestière et agro-industrielle, qui contribuent fortement aux émissions de gaz à effet de serre et à la dégradation des sols, sans toujours compenser les dommages causés.


La Commission souligne que la corruption constitue un frein systémique à la préservation de l’environnement, à la gestion durable des ressources naturelles et à la promotion d’un cadre de vie sain au Cameroun, en facilitant l’exploitation illégale des écosystèmes tout en détournant des ressources destinées à la protection du patrimoine écologique et à la lutte contre les changements climatiques.


La Commission rappelle que, sur les 220 recommandations acceptées par l’État à l’occasion de l’adoption du Rapport du passage du Cameroun au 4e cycle de l’Examen périodique universel (EPU) le 26 mars 2024, trois sont relatives au droit à un environnement sain ; elles sont reproduites dans la Déclaration de la CDHC de ce jour, après avoir été ventilées par l’institution nationale des Droits de l’homme du pays aux pertinentes de l’État, chacune en ce qui la concerne.


La Commission recommande spécifiquement au Gouvernement et aux collectivités territoriales décentralisées (CTD) de renforcer les investissements publics dans les infrastructures d’adaptation et de résilience climatique, surtout dans les systèmes de drainage, les ouvrages de protection contre les inondations ainsi que l’aménagement durable des zones urbaines à forte d ensité, afin de réduire les risques sanitaires, économiques et sociaux liés aux catastrophes climatiques.


La Commission recommande aux populations, notamment aux propriétaires, occupants, promoteurs, maîtres d’ouvrage et particuliers engagés dans des projets de construction, d’adopter des comportements éco- responsables. À ce titre, elle les invite à assurer une gestion appropriée des déchets, à préserver les espaces verts, à s’abstenir de toute occupation irrégulière ou dangereuse des zones exposées aux risques, à respecter strictement les règles d’urbanisme, les permis de construire, les prescriptions de sécurité et les normes techniques applicables à la construction, à participer activement aux campagnes de environnementale et à signaler aux autorités compétentes les actes d’incivisme ou les pratiques susceptibles de porter atteinte à l’environnement, à la sécurité des personnes ou au cadre de vie.



Clément Noumsi

 
 
 

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