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Journée de l'enfant Africain : Au-delà de la commémoration, un devoir de mémoire et un appel à l'action.

  • Photo du rédacteur: clément NOUMSI
    clément NOUMSI
  • il y a 13 heures
  • 4 min de lecture

La commission des droits de l’homme du Cameroun (CDHC) a organisé le 16 juin dernier la célébration de la journée de l'enfant Africain à l’hôtel Mont Fébé de Yaoundé sous le thème WASH 2026 : garantir l’accès universel à l’eau, l’assainissement et l’hygiène.


Plusieurs prises de paroles ont meublé la cérémonie, d'abord celle de Fadimatou Aboubakar qui a lancé un appel à la communauté les Espoirs de ses pairs à savoir : Une éducation de qualité pour tous, une protection réelle contre toute forme de violences et de l'oubli et enfin la prise en compte de leurs opinions dans ce qui les concernent car les choix d'aujourd'hui déterminent l'avenir de demain.


Pour le représentant du coordonnateur du système des nations unies au Cameroun, le thème choisi démontre à suffisance que le droit à l'accès à une eau potable, à des services d'assainissement de base reste encore une utopie pour beaucoup de jeunes enfants sur le continent en général et au Cameroun en particulier. L'eau c'est la vie, l'assainissement c'est la dignité, l'hygiène c'est la santé. Faute d'accès aux services essentiels, les conséquences sont considérables pour leur santé, leur éducation et leur avenir comme le mentionne l'ODD 3 et l'ODD 6.



Pour le président de la CDHC, le discours officiel sur la Journée de l’Enfant Africain actualise le combat de Soweto, la lutte pour l’éducation équitable à la lutte contre les violations barbares intra familiales. Avec 59 cas documentés en 2021 par la Commission des droits de l’homme infanticides, féminicides, violences sexuelles, trafic, le Cameroun fait face à une recrudescence alarmante qui transforme le foyer, premier sanctuaire, en lieu de crime. Cet appel à la mobilisation collective révèle que la protection de l’enfance est l’indicateur ultime de la santé républicaine : quand l’État chancelle, les enfants paient. Face à l’explosion des crimes contre l’enfance, de 59 cas en 2021 à 151 en 2024, la Commission des Droits de l’Homme qualifie l’infanticide de crime contre l’humanité et appelle à une politique de tolérance zéro pour que la peur change de camp. La réponse étatique s’articule autour du thème WASH 2026 : garantir l’accès universel à l’eau, l’assainissement et l’hygiène. Aligné sur l’Agenda 2063 de l’UA, l’Agenda 2040 et les ODD, cet axe reprend les objectifs de la SND30 100 % d'eaux en zone urbaine, 85 % en zone rurale et la Stratégie Nationale d’Assainissement de 2011. L’équation est posée, sans environnement sain ni État fonctionnel, la protection de l’enfance reste un vœu pieux.


En consacrant la Journée de l’Enfant Africain au WASH, le discours officiel opère un basculement normatif celui de l’accès à l’eau et l’assainissement cesse d’être une "Public Charity" pour devenir un "Fundamental Human Right". Ancré dans le 21e item du préambule constitutionnel de 1996, le droit à un environnement sain et dans la loi du 14 avril 1998 faisant de l’eau, un patrimoine national, ce droit est renforcé par la Politique Nationale de l’Eau du 11 avril 2025, en application de la résolution AG ONU du 28 juillet 2010. Face aux 151 cas d’infanticides de 2024, cette architecture juridique transforme WASH en arme judiciaire, l’État n’est plus prestataire bienveillant mais débiteur d’une obligation de résultat, justiciable devant les mécanismes africains.



Malgré la consécration constitutionnelle du droit à l’eau et la Politique Nationale Eau 2025, l’accès universel demeure un objectif à conquérir au Cameroun. Les disparités territoriales criantes frappent d’abord les zones rurales où la corvée d’eau pénible incombe aux jeunes filles, exposées aux violences et au décrochage scolaire par l’absence d’eau potable et de latrines décentes. La jurisprudence africaine Soudan vs Soudan et Antonio Guterres rappellent que priver d’eau, c’est violer le "pacte social africain" et ériger une barrière de plus vers le développement durable. L’équation WASH illustre la fracture de la SND30 : le droit existe, l’infrastructure manque, les filles paient.


L’urbanisation non planifiée des métropoles camerounaises produit un paradoxe sanitaire : derrière la modernité, les quartiers d’habitat spontané deviennent ghettos d’insalubrité où l’accès discontinu au réseau contraint les enfants aux puits contaminés, perpétuant le cycle des maladies hydriques. Citant Wangari Maathai, le président de la Commission des Droits de l’Homme du Cameroun lie protection de l’enfance et sécurisation de la terre et l’eau saine, et revendique son rôle d’acteur vigilant de terrain, non théoricien. L’accord signé à Maseru le 17 avril 2026 avec le Comité africain vise précisément à renforcer les mécanismes de redevabilité accessibles aux enfants, arrimant la SND30 aux instruments africains.



Clôturant la Journée de l’Enfant Africain, le Pr Gabriel James Mouangue Kobila président de la CDHC inverse la pédagogie : les enfants ne récitent pas mais témoignent de la soif, la honte du manque d’hygiène. Opposant Victor Hugo "un enfant fort, libre et instruit" aux réalités des maladies hydriques et du puits lointain, le discours érige WASH en impératif de justice sociale nécessitant une budgétisation sensible aux droits de l’enfant. Rejetant la responsabilité exclusive de l’État au profit d’une épreuve collective, il nomme les alliés institutionnels, la sénatrice Françoise PUENE, la représentante du Conseil constitiutionnel et appelle au consensus national africain et universel. La formule finale lie eau et nation : Transformons chaque goutte d'eau sécurisée en promesse d'avenir pour le Cameroun.


Cette célébration a connu la participation du représentant du coordonnateur du système des nations unies, de la représentante de l'UNICEF, du président de la Cameroon Child Rights Civil Society Organization Network, le témoignage de la mère de bébé Mathis, des représentants des membres du gouvernement et assimilés, des membres du corps diplomatique et des organisations de la société civile.



Clément Noumsi

 
 
 

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