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Lancement du projet d’établissement de plus de 3 500 actes de naissance aux déplacées internes des régions du Centre, du Littoral et de l’Ouest.

  • Photo du rédacteur: clément NOUMSI
    clément NOUMSI
  • il y a 2 jours
  • 5 min de lecture


Le cercle municipal de l’hôtel de ville de Yaoundé a servi de cadre le 13 Mai dernier au lancement officiel cette initiative de l'association camerounaise des femmes juristes avec l’appui de l'OIF en présence de Mme le ministre de la promotion de la femme et de la famille, le Pr Marie Thérèse Obama épse Abena Ondoa et de la représentante de la représentante résident d’Onu femmes.


Après le mot de bienvenue de la première vice-présidente de l’ACAFEJ et du mot du représentant de l’OIF, Mme le ministre de la promotion de la femme et de la famille dans son discours d’ouverture a dit « sa grande émotion et son très grand plaisir de prendre la parole à l’occasion du lancement officiel de cette initiative citoyenne destinée à nos compatriotes déplacés internes dans trois régions de notre pays. Je voudrais adresser les remerciements du gouvernement de la république à l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF), dont l’appui va permettre de donner très bientôt une existence juridique à des citoyens fantômes. Sans acte de naissance, on est fantôme. Je salue avec force l’engagement de l’Association Camerounaise des Femmes Juristes (ACAFEJ) dans sa nouvelle dynamique qui a choisi de mettre son énergie et son expertise au service des plus faibles. Nous avons suivi le témoignage du chef traditionnel venu du Nord-Ouest qui a déjà recensé 200 à 300 personnes déplacées internes de sa communauté sans acte de naissance. Imaginons un peu, si chaque chef de communauté recense les membres de sa communauté sans acte de naissance, ce que ça peut donner. C’est un problème inquiétant. C’est un problème qui nous est tombé dessus : avant cette crise, nous avions des parents irresponsables qui négligeaient l’établissement de l’acte de naissance. Mais avec la crise dans le Nord-Ouest, le Sud-Ouest et l’Extrême-Nord, nous retrouvons avec des déplacés internes et tout ce que cela comporte. Merci infiniment à l'ACAFEJ pour cette initiative. Vous êtes des juristes dans la salle. Je ne vais pas revenir sur le droit, vous connaissez l’ordonnance de 1981 et la réglementation sur l’état-civil au Cameroun. En initiant ce projet, l’ACAFEJ démontre son rôle indispensable de la société civile dans la consolidation de notre cohésion nationale. Votre action rejoint et renforce le combat du Ministère de la Promotion de la Femme et de la Famille de garantir à chaque enfant et à chaque famille la dignité, l’égalité des chances et la protection de ses droits. Dans un contexte marqué par les déplacements internes, cette initiative est une réponse concrète et humaine. Elle permettra à des personnes souvent marginalisées de retrouver leur place dans la société et de bâtir un avenir plus sûr. Comme le chef nous a dit : les enfants ne vont plus à l’école. Il y a une atteinte aux droits. Votre action est un geste à saluer à sa juste valeur. Je voudrais rappeler que la promotion de la femme et de la famille ne peut se réaliser sans une base solide, la reconnaissance juridique de l’existence de chaque femme. Produire des actes de naissance, c’est donner aux familles la possibilité de se reconstruire et aux femmes, souvent premières victimes de l’exclusion, la force de protéger et d’éduquer leurs enfants ».


Il est important de signaler que cette opération doit s’étendre dans sept (7) régions du pays afin de réduire le phénomène des enfants fantômes.


Clément Noumsi


Réactions


Me Lamango Enow Magdalene, 1ère vice présidente de l'ACAFEJ

« Comme vous le savez, la reconstitution des actes de naissance pour les déplacés internes au Cameroun avec l'insécurité, la guerre civile au Nord-Ouest, Sud-Ouest et l’Extrême-Nord, demeure un serpent de mer car beaucoup de gens ont fui en laissant tout derrière eux. Leurs documents ont brûlé ou ont été détruit. Des enfants sont nés pendant la crise sans pouvoir être déclaré, aujourd’hui il y a des enfants de 8-9 ans qui n’ont toujours pas d’acte de naissance, surtout dans le Littoral, le Centre et l’Ouest. Sans acte de naissance, tu n’as pas d’identité au Cameroun. Pas d’acte, pas de CNI, pas d’inscription à l’école, pas d’examen officiel, pas d’accès à tes droits de citoyen. L’association ACAFEJ a lancé une cérémonie pour reconstituer ces actes de naissance. Ils ont sensibilisé les déplacés via les mairies. Les gens sont organisés en groupes avec des chefs de communauté. L’objectif est d'utiliser la nouvelle loi de 2024 qui simplifie la procédure. Avant 2024, il n’y avait que 2 procédures, juste après la naissance. Trop tard pour ceux qui ont fui. Il faut passer au tribunal pour reconstituer l’acte. Mais c’est long et cher, et les déplacés n’ont même plus les documents de base pour aller au tribunal. La loi de 2024 crée une procédure accélérée moins coûteuse, plus rapide, adaptée aux personnes qui n’ont plus aucun document. À cause de la guerre au NOSO et à l’Extrême-Nord. Documents détruits, impossibilité de déclarer les naissances pendant la crise, fuite des populations. Pas de CNI, pas d’inscription scolaire, pas de participation aux examens nationaux, exclusion des droits du citoyen camerounais. Une procédure accélérée et moins coûteuse pour reconstituer les actes de naissance, adaptée aux déplacés qui n’ont plus de documents. Sensibiliser les populations, les organiser en groupes, et lancer la procédure de reconstitution des actes avec les autorités locales ».


Dr Hans de Marie Heungoup, représentant de l'OIF

« Nous sommes impliqué dans le lancement du projet pour l’établissement des actes de naissance au Cameroun par l'ACAFEJ. Le problème qu'il y a beaucoup d’enfants et d’élèves sans acte de naissance au Cameroun, surtout parmi les populations déplacées internes. Sans acte, pas d’école, pas de soins, pas de droits. L’OIF (Organisation Internationale de la Francophonie) accompagné ce projet pour aider les autorités nationales, les collectivités territoriales décentralisées, les organisations de la société civile. En soutenant l’enregistrement effectif et rétroactif des actes de naissance via les organisations de la société civile. L'objectif 2026 est de faire établir au moins 20 000 actes de naissance pendant l’année 2026. La logique du projet c’est une action catalytique même si 20 000 actes c’est une goutte d’eau face à l’océan des besoins, l’idée est de : Déclencher d’autres actions des autorités camerounaises et des partenaires internationaux ; Servir de phase pilote pour un programme plus grand dans les années à venir ; Lutter contre le phénomène des enfants et élèves sans acte de naissance au Cameroun, en ciblant surtout les populations déplacées internes. En soutenant l’enregistrement effectif et rétroactif des actes de naissance via la société civile et les collectivités locales. Parce que le projet vise à lancer une dynamique : montrer que c’est possible pour inciter l’État et les partenaires internationaux à faire plus par la suite. L’objectif chiffré est d'établir au moins 20 000 actes de naissance avant la fin d'année 2026 ».



Propos recueillis par CN

 
 
 

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