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Le RINADH tire la sonnette d’alarme sur les crises des droits humains sur le continent au sommet de CADHP à Banjul.

  • Photo du rédacteur: clément NOUMSI
    clément NOUMSI
  • il y a 3 jours
  • 4 min de lecture


Lors de l’ouverture de la 87ème session ordinaire de la Commission Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples (CADHP), tenue le 11 mai 2026 à Banjul, le président du Réseau des Institutions Nationales Africaines des Droits de l’homme (RINADH), le Pr James Mouangue Kobila, a livré un plaidoyer fort en faveur d’un renforcement des mécanismes africains de protection des droits humains face aux multiples crises qui secouent le continent. Prenant la parole devant les représentants des institutions africaines, des États membres, des organisations internationales et de la société civile, le président du RINADH a dressé un tableau préoccupant de la situation des droits de l’homme en Afrique. Il a notamment insisté sur l’imbrication croissante des conflits armés, des crises humanitaires, des dérives numériques et des fragilités de gouvernance qui compromettent durablement la stabilité du continent.


Le Soudan et la RDC au cœur des préoccupations


Dans sa prise de parole, le Pr Gabriel James Mouangue Kobila a particulièrement attiré l’attention sur les conséquences dramatiques des conflits au Soudan et dans l’Est de la République Démocratique du Congo. Selon lui, ces violences prolongées ont provoqué des centaines de milliers de morts, des déplacements massifs de populations et une aggravation sans précédent de l’insécurité alimentaire. Le président du RINADH a dénoncé un contexte marqué par «l’impunité» et les limites des mécanismes de protection existants, regrettant également l’insuffisance des réponses internationales face à la gravité des crises humanitaires en cours. Il a souligné que les violences sexuelles, les famines et l’effondrement des systèmes de santé continuent de détruire des milliers de vies dans l’indifférence quasi générale.


La montée en puissance des discours de haine et de la désinformation


La prolifération des discours haineux et de la désinformation sur le continent africain. Le président du RINADH a mis en garde contre l’utilisation des rhétoriques identitaires dans les contextes électoraux et les situations de fragilité politique. Selon lui, l’essor des plateformes numériques amplifie considérablement la diffusion de contenus nuisibles, souvent plus rapidement que les capacités de régulation des États africains. Tout en appelant à une lutte ferme contre les discours incitant à la violence, il a insisté sur la nécessité de préserver les libertés fondamentales, notamment la liberté d’expression, conformément aux principes de la Charte africaine des Droits de l’homme et des peuples.


Mouvement migratoire, traite des humains et tensions géopolitiques


Le RINADH a également exprimé son inquiétude face à la recrudescence des formes d’exploitation liées aux flux migratoires. Les migrants et réfugiés africains, fuyant conflits, pauvreté et effets du changement climatique, demeurent exposés à la traite humaine, à l’extorsion et à diverses violations de leurs droits. Le discours a notamment évoqué des cas de torture à des fins de rançon ainsi que le recrutement de ressortissants africains dans des conflits étrangers, révélateurs de l’expansion de réseaux criminels transnationaux. Face à ces menaces, le président du RINADH a plaidé pour une coopération renforcée entre les États africains afin d’améliorer les systèmes de protection et de prévention.



Ressources naturelles et bonne gouvernance


Le président du RINADH a également mis en lumière les défis liés à la gouvernance des ressources naturelles. Avec l’augmentation de la demande mondiale en minerais stratégiques, portée par la transition énergétique et les avancées technologiques, les pressions sur les ressources africaines se multiplient. Si cette dynamique représente une opportunité économique pour le continent, elle comporte aussi des risques importants : aggravation des tensions dans les zones minières, dégradation de l’environnement et partage inéquitable des richesses. Le RINADH appelle ainsi les États africains à renforcer la transparence, la redevabilité et la protection des communautés locales dans l’exploitation des ressources extractives.


Adaptation au high-tech


Le développement accéléré des technologies numériques et de l’intelligence artificielle a également occupé une place centrale dans le discours. Le RINADH estime que ces innovations, bien qu’elles offrent des perspectives importantes, peuvent accentuer les discriminations, fragiliser le droit à la vie privée et creuser davantage les inégalités si elles ne sont pas encadrées. Le président de la CDHC et par ailleurs président du RINADH, le Pr Gabriel James Mouangue Kobila a particulièrement insisté sur les risques pesant sur les enfants et les groupes vulnérables, de plus en plus exposés à l’exploitation en ligne et à l’utilisation abusive de leurs données personnelles. Il a plaidé pour une gouvernance numérique fondée sur les droits humains, la transparence mis surtout de la protection de la dignité humaine.


Renforcement des capacités des INDH


Le RINADH a réaffirmé le rôle central des Institutions nationales des droits de l’homme (INDH) dans la consolidation des systèmes africains de protection. Présentées comme des passerelles entre les États et les populations, ces institutions jouent un rôle essentiel dans le suivi des violations, la promotion des réformes et le dialogue entre les différentes parties prenantes. Le président du RINADH a insisté sur la nécessité de garantir l’indépendance, les moyens financiers et les garanties institutionnelles nécessaires au bon fonctionnement des INDH, conformément aux Principes de Paris.


Un plaidoyer pour des sociétés nationales plus résilientes et holistiques


Enfin, le RINADH a lancé un appel à un engagement renouvelé des États africains, des institutions continentales et des partenaires internationaux pour placer les droits humains au cœur des réponses aux conflits, au terrorisme, aux défis de gouvernance et aux transformations technologiques. L’organisation a également plaidé pour la préservation de l’espace civique et la protection des défenseurs des droits humains, des organisations de la société civile et des médias, considérés comme des acteurs indispensables à l’édification de sociétés africaines plus inclusives, résilientes et responsables.



Clément Noumsi

 
 
 

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