Programme d’Aménagement du Corridor Économique Douala–Bangui : le MINTP et la Banque Mondiale ficèlent le projet.
- clément NOUMSI
- il y a 4 jours
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Le Ministre des Travaux Publics a reçu, le 10 avril 2026, une mission de la Banque mondiale conduite par M. Alphonse SOH spécialiste senior en transport, dans le cadre de la pré-évaluation du projet de réhabilitation du corridor économique Douala–Yaoundé–Bangui, dont le dossier sera présenté aux instances de l’institution économique en juin prochain.
Au cours des échanges, la mission de la Banque mondiale a présenté les conclusions préliminaires de son évaluation. A ce titre, la mobilisation des financements reste un enjeu capital et le Cameroun bénéficie déjà de l’engagement de plusieurs partenaires que sont : notamment la Banque mondiale, l’Agence française de développement, l’Union européenne, la Banque européenne d’investissement et la Banque islamique de développement.

Il ressort que la préparation du projet est à un stade très avancé. La section Yaoundé–Edéa, longue de 165 km, apparaît comme la plus mature et devrait constituer la première phase des travaux. Parallèlement, la Banque mondiale entend soutenir les opérations d’entretien confortatif en cours sur les axes Ayos–Garoua-Boulaï, en attendant les travaux lourds de réhabilitation.
La question de l’entretien routier a également occupé une place centrale dans les discussions. Avec un réseau routier d’environ 11 000 km, le Cameroun fait face à un défi majeur de durabilité. Le Ministre des Travaux Publics a insisté sur la nécessité de relever l’action de l’État dans ce domaine, en procédant au renforcement du MATGENIE institution publique en charge des questions d’entretien routier qui rencontre des difficultés financières, le contrôle des charges à l’essieu, en poursuivant la réforme du Fonds routier. Dans cette dynamique, un atelier de concertation avec le secteur privé est prévu dans les prochains jours afin de définir une stratégie nationale d’entretien du patrimoine routier et une feuille de route opérationnelle.
Sur le plan financier, la Banque mondiale envisage une contribution d’environ 400 millions de dollars. Cette mission de pré-évaluation, conduite du 6 au 10 avril 2026, constitue ainsi une étape déterminante avant le lancement du projet.

Le programme repose sur quatre grandes composantes complémentaires. La première concerne le renforcement de l’infrastructure et de la sécurité routière, avec la reconstruction de la section Yaoundé–Edéa et la poursuite des travaux d’entretien sur les autres axes du corridor. La deuxième vise la mise en place d’un système durable d’entretien, fondé sur une meilleure gestion des actifs et la modernisation des dispositifs de contrôle. La troisième composante est orientée vers le développement économique inclusif, à travers l’amélioration des infrastructures rurales et sociales le long du corridor. La quatrième quant à elle porte sur la facilitation du transport et du commerce, notamment par la simplification des procédures et la modernisation des échanges.
Clément Noumsi
Réaction
Alphonse SOH, spécialiste senior en Transport à la Banque Mondiale
« Ce que nous avons retenu c'est que la préparation du projet est bien avancé ce qui nous permet d'être à l'aise et de se dire que les délais sur lesquels nous sommes attendus c'est-à-dire l'approbation de ce projet avant fin 2026, ce délai sera respecté. L'autre élément important de cette préparation c'est que le gouvernement veut finaliser le dossier d'appels d'offres ce qui devrait permettre que dès que les fonds sont disponibles le contrat puise être signé afin que les travaux démarrent immédiatement. Il y a d'autres éléments que nous avons discuté mais voilà les deux principaux éléments objet de notre discussion. Il est question de faciliter le transport et la durabilité des infrastructures qui ont être financé dans le cadre du projet puisqu'il va être déroulé en plusieurs phases. Sur la question l'entretien du corridor, la banque mondiale appuie déjà le gouvernement dans l'amélioration du dispositif déjà en place qui va permettre d'affiner les évolutions, simplement si on tenait une comptabilité du patrimoine, si on avait une entreprise en charge, cela serait la plus grande entreprise parce que le capital routier c'est certainement le plus grand capital lorsque ce pays en dispose, donc il est important de s'assure que ce dispositif soit en bon état. L'entretien routier va être au cœur des préoccupations et le gouvernement l'a confirmé pour les années à venir et nous sommes là pour accompagner le gouvernement. Les questions d'enveloppes prennent en compte plusieurs facteurs donc les discussions sont en cours, il faut d'abord voir clair sur cette section qui nous intéresse mais nous ne sommes pas les seuls à porter la section camerounaise de ce corridor il y a d'autres partenaires ».
Propos recueillis par CN




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