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"Rio dos Camaroes : république des insultes ?" Et "Zeste de Nostalgie" deux ouvrages de Me Jean Claude Billigha en vitrine

  • Photo du rédacteur: TAGNE NZOUKOU Arthur
    TAGNE NZOUKOU Arthur
  • il y a 1 jour
  • 4 min de lecture

L'abécédaire des incivilités du Kontinant avec Zeste de Nostalgie en dédicace à la fondation Muna le 22 Mai dernier. Le constat est clair "c’en était trop" pour des propos dénigrants, haineux, calomnie qui "encourent" dans le pays. Ça "brise des vies" et donne "une image très négative du pays". "J'ai estimé que c'en était trop" Il faut "retourner dans la civilité.


Pourquoi "Rio dos Camaroes", pour rentrer dans nos origines communes pour tous les Camerounais. "Retour aux sources" en portugais, c'est un Clin d’œil à l’histoire, car les Portugais ont nommé le Cameroun "Rio dos Camaroes" ou Rivière des crevettes en français. L'objectif du titre, c'est de rassembler TOUS les Camerounais malgré les divisions linguistiques. Ceux qui écrivent Kamerun avec K, nostalgie de l’époque allemande. Ceux qui écrivent Cameroon avec double O culture anglo-saxonne. Ceux qui écrivent Cameroun avec OU, les francophones. Toutes ces personnes-là se retrouvent à travers le mot "Rio dos Camaroes.



Alors, nous qui sommes tous des frères et sœurs, pourquoi faut-il que nous soyons des ennemis ? Le Cameroun ne doit pas être un continent de merde, excusez du terme. Être en désaccord c’est normal, mais "exprimer notre désaccord en des termes civilisés, pas dans l’injure, pas dans la haine c’est encore mieux". Le livre s'adresse à tous les journalistes, les influenceurs, les réseaux sociaux, les débatteurs radio/télé qui utilisent ces "termes totalement inadmissibles", les hommes politiques et leurs followers, même ceux d’André Onana ou encore d’Eto'o fils.


"Rio dos" signifie "retour aux sources". C’est un appel à revenir à nos origines communes pour tous les Camerounais, au-delà des différences linguistiques. Tous les Camerounais, ceux qui écrivent Kamerun avec K, Cameroon en anglais, et Cameroun en français. Il veut dépasser les clivages hérités de la colonisation. Elle "brise des vies" et "donne une image très négative du pays". On peut être en désaccord, mais on doit l’exprimer avec civilité. Il faut cesser les insultes, la haine et la calomnie car nous sommes "tous des frères et sœurs". Référence historique aux Portugais. La volonté de trouver une origine commune avant les divisions coloniales allemande, française et anglaise. Kamerun/Cameroon/Cameroun.


L’auteur utilise les 3 graphies pour montrer que la division est artificielle. L’identité camerounaise est unique malgré les langues. L'auteur montre sa colère face à la dégradation du débat public dans le "Kontinant" une ironie, car le Cameroun s’appelle "Afrique en miniature". Ce livre ne vise pas le peuple, mais les "faiseurs d’opinion" médias, influenceurs, politiques. Ce sont eux qui donnent l’exemple et propagent l’incivilité. Loin d’être une fatalité. La solution est un retour à la "civilité" c'est-à-dire au respect, au débat d’idées, à la fraternité. L’abécédaire des incivilités du kontinant



Zeste de Nostalgie : un Recueil de poèmes, 4e du nom pour immortaliser les souvenirs d’enfance "Ceux nés avant la pluie" moins jeunes via poèmes d’amour. "J’immortalise ces moments de jeunesse" indique Me Billigha qui mène un double combat d’écrivain-citoyen. L’incivilité et la division, avec Rio dos Camaroes. Combat pour La mémoire et l’identité commune, avec Zeste de Nostalgie. Dans les 2 cas, il utilise la littérature comme thérapie collective pour soigner le présent en dénonçant ses maux, et soigner l’avenir en préservant le passé. Me Billigha décortique son recueil Zeste de Nostalgie. Il énumère les souvenirs d’enfance qu’il a mis en poèmes. C’est un devoir qui porte sur "la nostalgie" ou "l’écriture de la mémoire" dans la littérature camerounaise. Quelques souvenirs d’enfance cités par Me Joseph Claude Billigha liste des scènes typiques du Cameroun d’avant, qu’il a "immortalisées" en poèmes "Le petit biscuit pour c’est cinq francs" 2 biscuits vendus 5 FCFA. Le vendeur ambulant. Les idoles sportives "Premier Boniface" Un grand cycliste local, héros de quartier. "Ma cabane de Noël" Construite en paille et feuilles de palmiers. On y mangeait le Riz poulet, repas rare et festif. Sorties avec "ta petite amie dans l’obscurité", "caresser les joues, la cuisse" au cinéma Abbia à Yaoundé ou au cinéma le Wouri une découverte naïve et pudique.


"Jeune marin qui revenait de guerre", "Collégiens du nord", Jeunes bien habillés qui marchaient en cadence, "formatifs" pour leur rôle social. Le coiffeur ambulant avec sa "chauve", son "seau blanche" et sa teinture pour noircir les cheveux. L’intention de l’auteur est d'immortaliser ces moments de jeunesse". Fixer par l’écriture ce qui disparaît. "Beaucoup de gens ne vont pas se retrouver" Les jeunes d’aujourd’hui ne connaissent pas ces réalités. Il a ajouté des "poèmes d’amour" plus universels pour toucher tout le monde.


L’auteur parle comme il écrit : oralité, détails concrets, expressions locales. C’est une *poésie du quotidien* qui fait appel aux 5 sens : le goût du biscuit, l’odeur de la paille, le toucher de la cuisse. Des jeunes gens d’une école initiatique d'Akwa nord à Douala qui marchaient bien habillés, en cadence, dans la rue. Ils avaient un rôle social formateur et on pouvait les taquiner. Ce recueil est là pour "immortaliser ces moments de jeunesse" et les transmettre aux générations qui ne les ont pas connus. Zeste de Nostalgie est un devoir de mémoire avant l’inflation et la mondialisation.



Une image qui montre la solidarité et la débrouillardise. Les fêtes et l’éducation étaient communautaires. Ceci évoque l’innocence des premiers émois, loin de l’hyper sexualisation actuelle. Ces héros locaux créaient du lien et des modèles dans les quartiers.


L’enjeu du recueil, c'est de lutter contre l’oubli. Comme il le disait avant, c’est pour "ceux qui sont nés avant la pluie". Mais en ajoutant des poèmes d’amour, il crée un pont avec "ceux nés après la pluie". Ces deux ouvrages montrent les 2 visages de Me Biliga Zeste de Nostalgie aux éditions éclosion et l'Abécédaire aux éditions Sapientia pour dénoncer l’incivilité, appeler au débat Immortaliser les souvenirs, transmettre la mémoire dans un ton satirique, engagé, didactique Intime, nostalgique, poétique pour les publics Citoyens, jeunes, historiens "Génération d’avant la pluie" jeunes avec poèmes d’amour.


Me Billigha a deux cordes à son arc, avocat du barreau et membre du RDPC qui combat l’invective mais surtout des insultes. Et le poète qui soigne l’oubli avec Zeste de Nostalgie. Dans les deux cas, il est un écrivain engagé contre l’incivilité d’un côté, engagé pour la mémoire de l’autre.


Clément Noumsi

 
 
 

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