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Visite de travail de la délégation Burundaise au Cameroun : la protection des réfugiés au Cœur des échanges

  • Photo du rédacteur: clément NOUMSI
    clément NOUMSI
  • il y a 3 jours
  • 4 min de lecture

Le directeur pays du PAM représentant le coordonnateur résident du système des nations unies au Cameroun a présidé le 25 juin dernier à l'hôtel Djeuga Palace de Yaoundé, la cérémonie d'ouverture des travaux de la visite de travail de la délégation Burundaise yau Cameroun sur le partage d'expériences dans la gestion des réfugiés.


C'est un séjour riche et ponctué de plusieurs articulations qui permettra à la délégation Burundaise d'avoir la pleine mesure de l'expérience camerounaise dans la gestion des réfugiés. Au-delà du partage d'expériences, les descentes sur le terrain et les audiences leur permettront de mieux comprendre la pratique camerounaise.



Pour Gianluca Ferrera, représentant du coordonnateur résident du système des nations unies au Cameroun, l'ONU salue le leadership du Burundi et l’excellence du gouvernement camerounais, hôte de 2 millions de personnes vulnérables depuis 2022 : 159 000 réfugiés RCA/Nigeria, 250 000 déplacés internes, 430 000 résidents affectés. Face aux coupes de financement record de 2025-2026 en Afrique Centrale, le soutien continu du Cameroun a atténué l’impact sur le PAM, le HCR et les ONG. L’inclusion des réfugiés dans la protection sociale nationale, impératif humanitaire et opportunité de développement, illustre l’approche One UN et l’Agenda 2030. Le PAM réaffirme son engagement à renforcer les systèmes via la sécurité, la résilience et l’inclusion.



Georges Edmond Makita, directeur de la solidarité nationale et du développement social au Minas a présenté de manière succincte la pratique camerounaise qui se fait de manière holistique avec plusieurs administrations publiques sectorielles avec l'accompagnement des partenaires techniques et financiers tel que le HCR ou encore le PAM. La visite de la délégation burundaise au Cameroun avait pour objet d’identifier les bonnes pratiques de coordination interinstitutionnelle en matière de protection des réfugiés. Le modèle camerounais, fondé sur une approche multi-ministérielle coordonnée par le MINAS, l’exclusivité de la DGSN sur les titres identitaires, et des MOU sectoriels avec l’appui de la Banque Mondiale, du PAM et du HCR, a été reconnu et salué. Cette coopération Sud-Sud valide l’exportabilité du dispositif camerounais intégrant réfugiés dans les PCD/PRD, l’état civil et l’éducation inclusive.


La spécificité camerounaise de gestion des réfugiés repose sur une relation triangulaire MINREX-HCR-DGSN, où la DGSN détient l’exclusivité de délivrance des titres identitaires, incluant 30 000 cartes de réfugiés sur 54 000 contactés. Ce niveau régalien est complété par une cascade de MOU entre le HCR et les administrations sectorielles : MINEFOP pour la formation, MINEDUB pour l’éducation inclusive, MINPROFF pour les femmes réfugiées, sous coordination du MINAS pour la protection sociale. Ce dispositif multi-ministériel opérationnalise l’inclusion prévue dans les PCD/PRD et la politique d’éducation d’octobre 2025.


Le modèle camerounais de protection des réfugiés, étudié par une délégation burundaise, se distingue par son approche multi-ministérielle plutôt qu’un office unique, intégrant les réfugiés dès la planification stratégique via les PCD/PRD. L’arsenal juridique, avec la loi de 2024 sur l’état civil créant l’"attestation tenante lieu d’acte de naissance" contre l’apatridie et la politique d’éducation inclusive, est complété par une architecture institutionnelle : commission d’éligibilité et de recours délivrant un statut documenté. Ce dispositif, visible sur le site de Timangolo à Batouri, fait du Cameroun une référence en matière d’inclusion des réfugiés dans la protection sociale nationale.


La plateforme des partenaires techniques et financiers, en collaboration avec la Banque Mondiale, conseille le gouvernement sur la "politique physique" et facilite la consultation, avec un accent sur la sécurité alimentaire, les petits producteurs et le rôle des femmes pour un développement local durable intégrant le genre. L’alimentation scolaire, élément clé de la protection sociale, illustre ce virage : face au défi des financements, le gouvernement, via une approche sectorielle coordonnée par le MINAS, consolide les systèmes et mobilise les ressources, faisant de la protection sociale une alternative aux mécanismes humanitaires traditionnels. Les partenaires (le HCR et le PAM) ont fait des présentations sur leurs actions sur le terrain en collaboration avec les pouvoirs publics.


Clément Noumsi


Réactions


Gianluca Ferrera, coordonnateur pays du PAM représentant le coordonnateur du système des Nations Unies au Cameroun

"C'est une mission d'études et d'échanges qui es tu mi-parcours car ils ont encore quelques jours de travail et de partages afin de permettre aux deux délégations d'avoir des résultats enrichissants. Nous pensons que la partie nationale en tirera aussi des leçons des pratiques burundaise en matière des réfugiés".


Jean-Claude Nduwayo, secrétaire permanent chargé du domaine de l’Intérieur et du Développement communautaire au ministère burundais de l’Intérieur,

"Nous sommes venus au Cameroun parce que actuellement au Burundi, nous accueillons une quantité importante des réfugiés congolais de RDC. Le Burundi le fait depuis 1959 mais actuellement avec la guerre à l'Est de la RDC, et après suivi parlé de l'expérience camerounaise, nous avons souhaité venir s'inspirer de comment gérer un aussi massif flux important en plus nous avons reçu le témoignage d'un bon de nos compatriotes de retour au pays qui ont fait un bon témoignage des conditions de vie pendant leur séjour ici au Cameroun. Nous profitons de cette occasion pour remercier le gouvernement camerounais pour avoir donné un peu de son temps pour encadrer nos compatriotes durant leur séjour ici. Nous avons effectué déjà une descente sur le terrain afin de toucher du doigt les réalités et apprécier l'inclusion avec la cohabitation entre les réfugiés et les populations hôtes. On a été très heureux de voir que les élèves vont ensembles dans la même école que les réfugiés, partage les mêmes centre de base bref les services sociaux de base que les populations hôtes".



Propos recueillis par CN

 
 
 

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