Campagne de sensibilisation sur les actes d'état civil par l'ONG UNAPROFAD : L'importance de l'acte de Mariage au centre des préoccupations !
- Clément Noumsi
- 14 mai 2025
- 4 min de lecture
La salle de conférence de l'hôtel des députés a servi de cadre le 13 Mai 2025 à la première étape d'une campagne nationale de sensibilisation des Imams sur le rôle et l'importance des actes d'état civil avec une emphase sur l'acte de mariage.

Le problème semble plus profond qu'il ne laisse apparaître, dans toutes les communautés nationales, le problème d'acte d'état civil se pose avec acuité mais le mal est plus ailleurs et pourtant les conséquences sont désastreuses sur la vie des concitoyens. C'est dans cette logique que l'ONG UNAPROFAD a pris son cheval de bataille pour aller à la rencontre de ses hommes de Dieu afin qu'ils puissent s'associer à la cause pour amener les citoyens (fidèles) à respecter la loi en matière d'actes d'état civil dont les répercussions sont nombreuses dans leurs vies de tous les jours. La caravane de sensibilisation va s'étendre sur l'ensemble du territoire national avec les deux prochaines étapes déjà connues Bertoua puis Bafoussam courant Mai 2025 avec l'ambition de faire le tour du pays avant la fin de cette année. Les exposés ont permis aux Imams présents, une vingtaine de mieux comprendre les dispositions légales qui encadrent les bénédictions de mariage l'importance d'établir un acte d'état de naissance à son enfant dans les délais impartis. L'importance de l'acte de décès dans le règlement de la succession afin d'éviter les abus de toute sorte et maintenir l'harmonie dans les familles synonyme de paix durable. Les procédures ayant un coût élevés, les audiences foraines permettent avec l'appui des familles et des partenaires de rectifier le tir pour une régularisation des actes par la suite. Beaucoup de choses ont été dites et chacun des Imams présents à compris la gravité de la situation et sont tous engagés pour cette campagne qui vise à régulariser la situation de plusieurs couples et enfants sur l'ensemble du territoire national.
Ils ont dit…

Mefiré Ngoutcheme Souleyman, Imam principal de la Mosquée de Nkozoa
« Nous rendons à Allah qui nous a permis de prendre part à cet atelier sur les actes d'état civil en particulier l'acte de mariage. Nous avons été entretenu dans un premier temps sur la paix dans la famille, dans une communauté et un État comme le nôtre. Par la suite le coordonnateur nous a entretenu sur l'importance des actes d'état civil particulièrement celui qui concerne le mariage. Le rôle et la place des Imams comme nous avons en nous rappelant que celui qui célèbre un mariage à la mosquée sans s'être rassuré que celui a été préalablement célébrer par l'officier de l'état civil peut-être poursuivi par la loi. C'est une préoccupation légitime car avant de célébrer un mariage il faut savoir ce que l'Islam préconise en remplissant un certain nombre de conditions qui le plus souvent sont négligées. L'importance de l'acte de naissance a été rappelée tout en attirant notre attention sur le fait que l'État avait instruit la gratuité des actes d'état civil à travers l'ordonnance de 1981 et cette loi a été améliorée avec le délai qui est passé de 30 à 90 jours c'est à dire trois mois. Il nous a rappelé qu'au de là de 6mois c'est avec le parquet et après avoir obtenu un jugement supplétif que l'on pourra le faire ce qui engendre pourtant des dépenses énormes dont on aurait pu éviter. Il est important pour nous les Imams d'engager les thèmes à présenter aux fidèles les jours de grandes prières afin de sensibiliser le plus grand nombre et de rappeler lors des célébrations de mariages aux époux l'importance d'établir dans les délais les actes de naissance à nos enfants. Il a attiré les conséquences de l'absence de cet acte d'état civil car cela va le suivre et le nuire toute sa vie ».

Ibrahim kueti, Imam de la Mosquée d'Essomba et coordonnateur général UNAPROFAD
« En faut cette sensibilisation que vous avez vu et suivi les débats houleux, c'est parce que le manque d'informations est présent chez beaucoup de nos frères pas seulement dans la communauté musulmane. Mais particulièrement dans notre communauté musulmane, très peu d'Imams savent que qu'il est exigé d'avoir un acte de mariage signé par l'officier d'état civil avant toute bénédiction à la Mosquée. C'est fort de cela et en ma qualité d'Imams que nous avons pensé rassembler nos Imams pour les faire comprendre que le fait que ne dit rien relève de la tolérance et qu'ils gagneraient à exiger cela futurs époux qui souhaitent la bénédiction de leur Mariage à la Mosquée. Ceci c'est pour anticiper sur les nombreux problèmes qui surviennent par la suite, le problème de succession, d'héritage et biens d'autres. En plus lorsqu'il y a un décès, juridiquement parlant rien n'est fait, pas d'acte de décès. Nous voulons leur expliquer afin d'obtenir leur assentiment pour une collaboration avec l'accompagnement délégué régional du Centre du Minproff et la prochaine étape sera le renforcement des capacités sur l'état civil dans sa globalité. Ils ont insisté sur l'acte de décès comme vous avez vu car lorsqu'un musulman décède, après confirmation par l'Imam le plus souvent avant le coucher du soleil, il est inhumé et aucun acte n'est fait. Après il est difficile d'avoir un acte de décès car le certificat de genre de mort va être établi comment quand la personne est déjà enterrée? Car c'est un médecin qui peut le produire après avoir constaté le décès. C'est pourquoi nous avons choisi d'attirer l'attention des Imams sur ces faits qui portent préjudice plus à plus d'un. Aujourd'hui, nous sommes dans le Mfoundi mais les jours à venir nous irons à la rencontre des frères dans les autres villes Bertoua ensuite Bafoussam voilà les prochaines étapes pour ce mois de Mai et nous pensons faire le tour du pays avant la fin d'année. Nous avons l'accord de principe, de certains prélats qui sont à travailler avec nous mais ils ne peuvent pas signer l'accord de collaboration car c'est l'évêque ou l'archevêque qui doit prendre cet engagement avec l'ONG sinon sur le principe, ils sont tous d'accord prêtres et pasteurs. Ce problème étant criard dans les différentes communautés, qui de mieux qu'un ministre de culte pour sensibiliser les masses populaires sur un problème comme celui-là ».
Propos recueillis par Clément Noumsi



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