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Dialogue national sur la participation des femmes au cercle de prise de décision : le Minproff et CARE Cameroun en Symbiose

  • Photo du rédacteur: clément NOUMSI
    clément NOUMSI
  • il y a 2 jours
  • 4 min de lecture


Du 7 au 8 avril 2026, le Djeuga hôtel de Yaoundé a abrité le dialogue national sur la participation des femmes au cercle de prise de décision à l’initiative de l’ONG CARE Cameroun et du ministère de la promotion de la femme et de la famille.


Ce dialogue national vise à renforcer les OSC qui œuvrent dans l'éducation, la sensibilisation des femmes sur leurs Droits dans la communauté sans pour autant déposséder les hommes de quoi que se soit. Il est question de se faire une place au soleil non par complaisance mais par compétences. Le lobbying consistera à amener nos institutions à respecter la parité d'au moins 30 % de femmes dans les postes de prise de décisions comme l'indique et la vie politique dans notre pays. Le chef de l'État l'a réitéré dans son discours d'investiture du 6 novembre 2025, une volonté politique déjà exprimée en 2018.



Pourquoi le besoin d’une loi ?


Il est question de légiférer afin de permettre que le caractère contraignant puisse faire bouger les lignes. Pour le directeur pays de CARE Cameroun John Mubalama Kashamba, ce dialogue national entre en droite ligne avec les objectifs de CARE car « nous sommes convaincus qu'aucun développement durable ne peut se construire sans une participation effective des femmes aux décisions qui orientent la vie politique. Pour nous il s'agit de bâtir avec conviction d’une société plus résiliente et plus équitable. Il est question d'un partenariat fondé sur la complémentarité des différents membres (OSC, parlementaire, acteurs du secteur privé, partenaires techniques et financiers, des leaders communautaires et d'associations). Nous espérons un dialogue simple, engageant et une compréhension commune dans un esprit d'ouverture et de responsabilités. Nous espérons que les échanges aboutiront aux engagements concrets et un cadre de collaboration renforcé capable de soutenir les prochaines étapes du processus ». L'expert du Minproff a expliqué le chemin parcouru afin chaque participant soit au même niveau d'informations.



Dans son discours d'ouverture, Mme Marie Thérèse Obama épse Abena Ondoa a rappelé « la nécessité de la parité et la volonté politique affichée par le président de la république à travers ses discours mais qui tranche avec la réalité sur le terrain. Si au parlement, on note une légère hausse avec 33 % dans les conseils municipaux on est encore loin des minima avec seulement près de 11 %. Néanmoins, elle rassure que les femmes qualifiées avec des têtes bien faites sont pourtant là, il est juste question de faire le pas parce que les compétences ne manquent pas. C'est pourquoi nous sommes ici à cet atelier pour pouvoir lever les contraintes à travers ce dialogue national qui se veut inclusif avec des contributions concrètes en vue d'une loi sur les quotas visant à instaurer la parité et la participation des femmes à la vie politique et aux postes de prise de décisions. Les femmes contribuent chaque jour avec engagements et responsabilités à la stabilité des familles, des communautés et à l'édification de notre pays. Malheureusement cette contribution ne se reflète pas encore de manière concrète, cette réalité nous interpelle tous au regard et l'ambition de bâtir une société fondée sur l'égalité des droits, la participation de toutes et de tous ainsi que la valorisation des compétences. La contribution des femmes nous interpellent aussi par rapport aux attentes des communautés, des jeunes et plus particulièrement de toutes les femmes qui à travers le Cameroun assume déjà des responsabilités divers au sein de la société tout en souhaitant accéder de manière équitable aux espaces où se prennent des décisions » a déclaré le Minproff dans son mot de circonstance.


Il sera question durant ces deux jours d'élaborer une feuille de route pour un lobbying efficace en vue de l'adoption de cette loi car le Cameroun reste en deçà des attentes et des engagements régionaux et internationaux volontairement souscrit car les femmes continuent à faire face au quotidien à de nombreux obstacles.


Clément Noumsi


Réactions


Joseph Ngoro, expert genre au Minproff

« La problématique de la femme dans la prise de décision n'est pas nouvelle ni spécifique au Cameroun. Néanmoins ce débat est amorcé depuis plusieurs années dans notre pays et le Minproff en collaboration avec CARE a décidé d'amorcer un dialogue avec tous les partenaires pour voir dans quelle mesure celui-ci pourra conduire à l'élaboration d'un texte de loi qui institué les quotas en terme de nomination ou de poste électif des femmes dans les instances décisionnelles. Il est bon de le remarquer que les femmes constituent plus de 51 % de la population et les exclure du processus de développement est un problème fondamental car nous devons mettre en place les politiques durables et inclusives. Il est question pour ce texte de loi nous arrimer à nos engagements et normes juridiques que notre pays a souscrit. De même ce vient à point nommé avec les engagements du chef de l'État en 2018 et en 2025 lors de sa prestation de serment ».


Nwind Mebara, coordonnatrice technique du programme justice genre à CARE Cameroun

« Cet atelier est une construction d'alliance pour construire une feuille de route car le chemin est long. Nous devons unir les forces, unir les énergies pour pouvoir aboutir à cet avant projet de loi afin qu’il devienne une loi qui ouvrirait la porte à beaucoup de femmes compétentes qui sont encore dans l'ombre. Il y a des choses à améliorer dans notre société car nos institutions sont à l'image de nos ménages. Si déjà vous ne donnez pas la parole à la maison à votre femme pour prendre part à la prise des décisions, même dans les institutions vous ferez de même. Parlant de l'actualité, cela serait un plaisir pour nous que le vice président soit une femme ce n'est pas une bagarre de poste mais un plaidoyer pour un principe de gouvernance inclusif car il faut être à la table des décisions ainsi on parlera d'une pratique d’inclusion ».



Propos recueillis par CN

 
 
 

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