Discours de Paul Biya à la jeunesse : la bonne fois qui se heurte à la mauvaise volonté du gouvernement.
- Clément Noumsi
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À l’occasion de la 60ᵉ Fête de la Jeunesse, Paul Biya a réitéré les promesses devenues rituelles : lutte implacable contre la corruption, insertion professionnelle des jeunes, rigueur dans la gestion publique. Un discours solennel, maîtrisé, fidèle à la tradition d’Étoudi.
Mais en 2026, le contraste entre les déclarations et la réalité ne relève plus du décalage, il frôle la rupture.
Une jeunesse entre espoir officiel et chômage réel
Alors que le chef de l’État appelle à la mobilisation et à l’engagement, des milliers de jeunes diplômés continuent de se heurter à un marché de l’emploi saturé, opaque et largement informel. Les slogans sur “l’épanouissement” peinent à masquer la précarité, l’exil forcé et la fuite des cerveaux en faveur du Canada ou encore des engagements désespérés dans la crise russo-ukrainienne, à la débrouillardise érigée en système.
Port de Douala : le symbole d’un paradoxe
La rhétorique de la rigueur et moralisation se heurte aux pratiques persistantes de corruption. Le contrat de scanning des marchandises au Port de Douala, notamment avec SGS, illustre ce malaise structurel : des mécanismes coûteux, peu transparents, et difficilement conciliables avec la promesse d’assainissement financier.
Comment prôner la discipline budgétaire quand les circuits opaques continuent de prospérer au cœur des infrastructures stratégiques ?
Le tribunal des faits
Le discours présidentiel s’inscrit dans la continuité. Le pays, lui, réclame des ruptures. En 2026, la jeunesse camerounaise ne demande plus des mots calibrés, elle attend des actes mesurables.
Clément Noumsi




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