Enregistrement à l'acte de naissance de 26 691 enfants : le Minproff aux côtés de 18 communes.
- Clément Noumsi
- 29 déc. 2025
- 4 min de lecture

C'est la principale information à retenir de cette cérémonie de signature de cahiers de charges entre le ministère de la promotion de la femme et de la famille, le Pr Marie Thérèse Obama épse Abena Ondoa et les dix-huit chefs des exécutifs communaux accompagnés de leurs receveurs municipaux le 29 décembre 2025 dans la salle de conférence de l'immeuble annexe.
L'enrôlement civil vise à enregistrer les enfants nés sans actes de naissance, leur permettant ainsi d'accéder à des services publics essentiels comme l'éducation et la santé. Actuellement, environ 7 millions d'enfants au Cameroun n'ont pas d'acte de naissance, dont plus de 1,6 million scolarisés. L'enjeu de l'enregistrement des naissances dispose pourtant un délai d'un an (12 mois) pour déclarer une naissance. Sur près de 1,6 million d'enfants scolarisés sans acte de naissance, un chiffre alarmant environ 1,2 million d'enfants sont au CM2 ou en Class 6 sans actes. Ils sont menacés de ne pas présenter leurs examens de fin d'année. Pourtant d'autres actions sont en cours comme au ministère de l'éducation de base à travers le PAREC et la Banque mondiale qui ciblent les enfants en classe d'examen, l'action de l'ACAFEJ avec l'appui de l'OIF pour ne citer que celles là. Un enjeu crucial pour l'avenir des enfants et le développement du Cameroun.
La campagne en cours cible 26 691 enfants et fait suite à un appui financier de 142 222 000 alloué à 7 communes pour l'enrôlement de 14 222 enfants en décembre 2024. Cette initiative cette année s'inscrit dans la continuité, la promotion et la protection des droits de l'enfant avec l'objectif d'atteindre 100 % d'enregistrement des naissances d'ici 2030. Les communes bénéficiaires sont : dans le Centre (Lobo, Evodoula, Ngog-Mapubi, Nkolmetet, Dzeng, Mbalmayo et Mbandjock) ; dans le Sud ( Lolodorf, Mengong, Mvangan et Mengang) ; dans le Nord ( Tcholliré et Mayo-Oulo) ; dans L'extrême - Nord (Gazawa et Blangoua) ; à l'Est la commune de Ndelélé ; dans le Nord-Ouest la commune de Nkor et dans le Littoral la commune de Nkongsamba 3e.
Les objectifs clés de l'enrôlement civil sont : l'accès à l'éducation (les enfants avec un acte de naissance peuvent s'inscrire à l'école); l'accès à la santé (les enfants enregistrés bénéficient de soins de santé) la protection contre l'exploitation (l'enregistrement aide à lutter contre les mariages forcés et le travail des enfants) et la planification publique (les données d'enregistrement aident à élaborer des politiques publiques efficaces). Le gouvernement et ses partenaires comme l'UNICEF travaillent à moderniser l'état civil, notamment via la digitalisation des processus.

Dans son discours, Mme le ministre a relevé l'enjeu de l'enregistrement des naissances avec le fait de sensibiliser et d'agir. La loi prévoit un délai d'un an (12 mois) pour déclarer une naissance, pour régulariser les situations. Un défis majeur subsiste, les parents qui ne retirent pas les actes de naissance, des géniteurs absents etc...
L'appel à la responsabilité car les parents doivent agir pour l'enregistrement des enfant, la campagne de sensibilisation traduit l'importance de l'enregistrement pour l'avenir des enfants, l'objectif est que chaque enfant ait un acte de naissance pour accéder à ses droits. Un message fort pour une prise de conscience collective et une action proactive.
Cependant, Mme le ministre a tenu à rappeler aux magistrats municipaux les nombreuses dérives enregistrées sur le terrain et rapportées à son niveau. Cet appui financier pour l'enrôlement des enfants entraine des attentes et des défis, 266 910 000 millions FCFA destinées aux 18 communes pour 26 691 jugements supplétifs. Parmi les défis, un risque de détournement des fonds entraînant des fautes de gestion (ex : éclairage, salaires...). Les attentes sont, de voir l'utilisation stricte des fonds pour l'enrôlement des enfants. La responsabilité des maires et receveurs municipaux sont concernés. Le ministère exige des comptes et une utilisation transparente des fonds. Un enjeu crucial pour l'avenir des enfants et la confiance dans les institutions.
Clément Noumsi
Réactions

Pr Marie Thérèse Obama épse Abena Ondoa Minproff
« C'est un appui du ministère de la promotion de la femme et de la famille pour l'enroulement des enfants sans acte de naissance à l'état civil et nous souhaitons que le nombre d'enfants sans acte de naissance diminue voire disparaissent même qu'on ait plus d'enfants anonyme dans notre pays. Et nous rappelons ici que, la limite d'enroulement à l'état civil sans frais et permis jusqu'à 12 mois. Il n'y a plus de raison que les enfants restent sans acte de naissance et qu'on ne soit pas obligé de posséder à l'établissement de jugement supplétif parce que l'argent que nous déboursons aujourd'hui, aurait bien pu servir à autre chose si ces enfants avaient eu des actes dès leur naissance dans la limite prévue qui va jusqu'à 12 mois. Si chaque parents enregistre son enfant à l'état civil dès la naissance, l'argent que vous nous remettons aujourd'hui aurait pu être utilisé à autonomiser les femmes dans les activités génératrices de revenus donc c'est l'argent qu'on peut orienter ailleurs si chaque enfant est enroulé à l'état civil conformément à la loi ».
Propos recueillis par CN




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