Entretien avec Louis Martin Imoulanok, président Plascrecam (chaîne de valeur crevettière du Cameroun) au SIAC 2026.
- clément NOUMSI
- il y a 3 jours
- 2 min de lecture

Notre plateforme est née à la suite d'un projet FISH4ACP de la FAO qui est venu nous accompagner, nous les acteurs de la filière, du pécheur jusqu'à l'exportateur. Et c’est dans cette optique que la plateforme est née et aujourd'hui nous avons toutes les étapes, de la production jusqu'à la commercialisation sur la chaîne de valeur crevettière. Actuellement, nous sommes en train de travailler sur le renforcement de capacités des acteurs car nous nous sommes rendus compte que les pêcheurs étaient mal compris, ils n'étaient pas formés sur ce qu'ils doivent être et ce qu'ils ne doivent pas être. La plateforme les accompagne dans ce sens et nous avons commencé à émettre des projets dans l'approvisionnement de la glace dans les zones reculées. Comme vous le savez, la délicatesse des crevettes voudrait qu'on ne la laisse pas à l'air libre pendant longtemps de peur qu'elle va s'infecter.
A ce jour, nous avons recensé plus de 77 Zones de pêcheurs de crevettes sur la côte camerounaise que beaucoup de gens ne savent pas. Et en ce moment, nous sommes en concertation avec un cabinet pour lever la suspension sur l'exportation qui pèse sur la crevette au Cameroun et pouvoir obtenir le Label. Les ateliers ont commencé il y a pratiquement trois mois de cela et courant ce mois de juin, on va se retrouver à Kribi pour la suite des travaux et nous avons également un autre cabinet que nous avons contacté avec lequel on travaille sur la création d'un guichet unique de la crevette. Désormais, la crevette de nos membres ne sera plus vendue n'importe comment. Si tu n'es pas dans la chaîne, tu n'auras pas accès, voilà la politique que nous voulons mettre sur pied. Elle favorise les acteurs à ne pas emprunter de l'argent chez les usuriers et autres qui favorise le départ de notre crevette sans la déclarer. C'est ce qui les obligeaient à vendre à leurs créanciers.

Nous voulons à travers cette caisse que les acheteurs et les autres déposent leur argent dans notre caisse et nos pêcheurs auront à leur disposition cet argent et en retour nous recevrons les produits d'eux et nos vendeurs auront la marchandise à leur disposition. C'est l'une des raisons de la création du guichet unique. Le Minepia nous soutient dans cette procédure, la FAO également donc voilà à ce jour nos faits d'armes. Il ne faut pas oublier la formation des acteurs sur les conditions sanitaires pour bien conserver et pour cela il faut être bien formé. Il faut recadrer les acteurs, les organiser par Maillons voilà nos missions actuelles à la Placrecam.
La crevette se vend et n'est pas à la portée de tous. Nous avons essayé de réduire les licences car nous devons penser à la régénération. Notre crevette à une particularité, déjà par la taille et le goût. C'est une denrée recherchée et avec le Label, c'est une revalorisation exponentielle, voyez un peu les "majanga" qui sont exportés aux USA via L'Afrique du Sud alors nous les négligeons ici les gambas sont exportés frauduleusement, il y a beaucoup de choses à faire derrière la crevette, il suffit seulement de bien s'organiser.
Propos recueillis par CN




Commentaires