Intégration régionale : Le chantier des corridors économiques de nouvelle génération sur les rails.
- clément NOUMSI
- il y a 2 jours
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Le ministre des Transports, représentant personnel du premier ministre, chef du gouvernement, a officiellement lancé les travaux du Pro Meet Up (PML 2026) le 1er juin 2026, une initiative ambitieuse destinée à transformer les corridors de transport d'Afrique centrale en véritables leviers de développement économique, industriel et d'intégration régionale.
Placée sous le thème hautement stratégique « Corridors intégrateurs, catalyseurs de développement des chaînes de valeur sous-régionales », cette rencontre réunit responsables publics, opérateurs économiques, investisseurs, logisticiens et partenaires techniques autour d'une même ambition : faire des infrastructures de transport un moteur de croissance durable et de transformation structurelle des économies de la sous-région.
Pour le ministre des Transports, Jean Ernest Massena Ngalle Bibehe, les enjeux sont considérables.
« Nous devons poursuivre les efforts visant à améliorer la compétitivité logistique, à réduire les coûts et délais de transit, à renforcer la sécurité et la sûreté des transports, à promouvoir les infrastructures intelligentes et durables, et favoriser enfin l'émergence d'écosystèmes économiques intégrés autour des corridors. C'est pourquoi le Pro Meet Up constitue une opportunité stratégique majeure. Cette plateforme offre un cadre privilégié de concertation, de mobilisation des investissements, de partage d'expériences et de mise en relation entre les acteurs publics et privés autour des priorités de développement de notre sous-région », a-t-il déclaré.
À travers cette initiative, le gouvernement entend faire des transports un véritable accélérateur de compétitivité et d'intégration régionale. Même son de cloche du côté de la Communauté Économique et Monétaire de l'Afrique Centrale (CEMAC). Son vice-président, Charles Assamba Ongodo, a dressé un constat sans concession sur la faible transformation locale des richesses produites dans la sous-région.
« Nos matières premières continuent, pour une large part, d'être exportées à l'état brut. Une sorte de persistance du pacte colonial. Tandis que nos marchés importent massivement des produits transformés venus d'autres horizons. Cette situation limite la création de valeur locale, les emplois industriels, la résilience économique et la souveraineté politique de la sous-région », a-t-il regretté.
Selon lui, la notion de corridor intégrateur dépasse désormais la simple fonction de transport.

« Un corridor moderne ne doit plus seulement permettre le déplacement des marchandises. Il doit connecter des bassins de production, structurer les filières industrielles, faciliter la transformation locale, intégrer les systèmes logistiques, soutenir les paiements régionaux, stimuler l'investissement et créer des écosystèmes économiques transfrontaliers. Le corridor devient ainsi un instrument de transformation économique régionale », a-t-il souligné.
Présidente du Pro Meet Up, Carole Mbessa Elongo estime que la réussite de cette vision passe nécessairement par la mise en place d'infrastructures performantes et de mécanismes adaptés. « Encore faut-il disposer d'infrastructures, de mécanismes de financement, d'outils de facilitation des échanges et de systèmes de paiement capables de soutenir cette ambition. Sans corridors performants, il ne peut y avoir de chaînes de valeur performantes. Sans chaînes de valeur performantes, il ne peut y avoir d'industrialisation durable. Et sans industrialisation durable, il ne peut y avoir de transformation structurelle de nos économies », a-t-elle expliqué.
Dans cette dynamique, le PML 2026 a identifié un premier corridor pilote : Douala – N'Djamena – Bangui – Port-Gentil.
« Depuis de nombreuses années, les chefs d'État de la CEMAC portent une vision ambitieuse. À nous de la matérialiser. Notre démarche ne vise pas à créer une dynamique parallèle à celle de la CEMAC, mais à contribuer, à travers une approche opérationnelle et partenariale, à la mise en œuvre concrète des orientations portées par les États membres et les institutions communautaires », a précisé Carole Mbessa Elongo.
Le choix de ce corridor n'est pas anodin. Selon les promoteurs du projet, il relie quatre économies aux avantages comparatifs complémentaires et offre un terrain idéal pour expérimenter un nouveau modèle d'intégration économique régionale.
« L'ambition ne sera pas simplement d'identifier des filières, mais de démontrer comment les corridors intégrateurs peuvent devenir les leviers de structuration, de compétitivité et de développement à l'échelle régionale », a-t-elle ajouté.

Le PML 2026 prévoit ainsi la création d'un comité d'experts chargé de structurer les projets pilotes et d'élaborer une convention-cadre destinée à renforcer la coopération économique régionale.
L'initiative bénéficie notamment de l'appui de la CEMAC, de la Commission économique des Nations unies pour l'Afrique (CEA) ainsi que du Pan-African Payment and Settlement System (PAPSS), un dispositif appelé à faciliter les paiements transfrontaliers et à accélérer les échanges commerciaux intra-africains.
À travers ce projet, l'Afrique centrale entend franchir une nouvelle étape de son intégration économique en faisant des corridors de transport non plus de simples axes de transit, mais de véritables espaces de création de valeur, d'industrialisation et d'emplois durables.
Clément Noumsi




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