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Scanning à 100 % au Port Autonome de Douala : un faux débat face aux exigences internationales

  • Clément Noumsi
  • il y a 13 minutes
  • 3 min de lecture


La controverse née autour de l’instauration du scanning à 100 % des cargaisons au port de Douala-Bonabéri surprend plus d’un observateur averti.



À l’analyse, ce débat apparaît largement décalé de la réalité opérationnelle et des standards internationaux, au point de poser une question simple : y a-t-il réellement matière à litige ?



Une pratique déjà éprouvée au port de Kribi


Il est difficile de comprendre l’ampleur de la polémique lorsque l’on sait que le même dispositif fonctionne sans heurts au port en eau profonde de Kribi. Sur cette plateforme stratégique, aux enjeux sécuritaires et économiques majeurs, l’opérateur Transatlantic D assure le scanning des cargaisons dans le strict respect des normes en vigueur.


Mieux encore, les données issues du scanning sont centralisées dans une base accessible à l’ensemble des administrations concernées : Douanes, Eaux et Forêts, Police, ainsi que les corps et services spéciaux. Ce partage d’informations garantit la transparence, la traçabilité et l’efficacité des contrôles.


À ce jour, aucun dysfonctionnement majeur ni aucun scandale n’y ont été signalés.




Le scanning à 100 %, une obligation normative


Contrairement à certaines interprétations, le scanning intégral des cargaisons n’est ni une innovation improvisée ni une mesure arbitraire. Il découle des normes internationales de sûreté portuaire, en particulier du Code ISPS (International Ship and Port Facility Security Code), qui impose le contrôle des cargaisons à l’entrée comme à la sortie des installations portuaires.


Dans ce contexte, la décision du Port Autonome de Douala de passer au scanning à 100 % s’inscrit dans une logique de conformité et de mise à niveau, et non dans une rupture avec les pratiques reconnues.



Une décision encadrée et institutionnellement validée.


Le passage au scanning intégral au port de Douala intervient dans le cadre de la phase 3 du projet de sécurisation du port, engagée avec l’aval du Conseil d’administration du PAD. Cette mission de police et de sécurité portuaire est par ailleurs consacrée par le décret du 24 janvier 2019 portant réorganisation du Port Autonome de Douala.



Depuis 2019, l’Autorité portuaire a déployé une stratégie globale de sécurisation comprenant : une sécurisation physique à travers une barrière périmétrique ; une surveillance humaine, avec près de 500 jeunes recrutés et formés ; une surveillance cynotechnique, matérialisée par la création d’une brigade canine ; une surveillance technologique, incluant la vidéosurveillance, le pesage des marchandises et désormais le scanning à 100 % des cargaisons.


Le scanning ne constitue donc pas une mesure isolée, mais l’aboutissement logique d’un processus structuré et progressif.



Le port de Douala, une frontière maritime à part entière


Il convient de rappeler que le port de Douala est une frontière maritime, confrontée aux mêmes défis sécuritaires que les plateformes aéroportuaires.

Dans les aéroports, les passagers sont soumis à un premier scanning de sûreté, puis, si nécessaire, à un contrôle douanier complémentaire. Ce dispositif à plusieurs niveaux est admis comme normal et indispensable.



Le système mis en œuvre au port de Douala depuis janvier 2026 s’inscrit exactement dans cette logique de contrôles successifs et complémentaires, sans empiétement sur les compétences des différentes administrations.




Un litige sans fondement réel


Dès lors, la question mérite d’être posée : où se situe réellement le problème ?


Lorsque le scanning à 100 % est exigé par les normes internationales, appliqué sans difficulté à Kribi, validé par les instances dirigeantes du PAD et intégré dans une stratégie de sécurisation cohérente, le litige semble dépourvu de fondement objectif.

Plus qu’un véritable désaccord technique ou juridique, la polémique autour du scanning à 100 % au port de Douala apparaît comme un débat artificiel, déconnecté des réalités de la sûreté portuaire moderne.



S’arrimer aux standards internationaux n’est ni une option ni une provocation : c’est une nécessité pour la sécurité, la crédibilité et la compétitivité du principal port du Cameroun.



Clément Noumsi

 
 
 

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