« La culture du poisson dans nos étangs, est au cœur de la stratégie d’autonomisation de notre commune »
- Clément Noumsi
- 12 juin 2025
- 5 min de lecture

Honoré Koume, de Doumaintang
L’ édile de la commune de Doumaintang, dans une interview accordée à la presse à l’issue des JEICOM 25, a donné les raisons pour lesquelles sa commune a remporté le prix du meilleur stand et mis en vitrine les activités menées dans sa localité afin qu’elle sorte de la dépendance vis de l’ État.
La commune de Doumaitang a reçu le prix du meilleur stand lors des JEICOM 25 tenues au palais des congrès du 2 au 4 juin dernier. Alors Monsieur le maire honoré Koume, comment appréciez vous cette distinction ?
Honoré Koume : Parlant des JEICOM, la première édition était dans les balbutiements, la deuxième commençait déjà à ressembler à un évènement assez mature mais cette troisième édition a été une grande réussite. Sur le plan de la mobilisation des ressources humaines, nous avons eu droit à la présence de plus d’une dizaine de délégations étrangères, ce qui est un record par rapport aux précédentes expériences. Nous avons également eu droit à des stands bien achalandés par rapport aux éditions antérieures et une organisation sur le plan intellectuel assez élevé avec des thèmes abordés sur la maturation des projets, sur la gouvernance locale et je pense cette édition 2025 par rapport aux éditions antérieures, celle-ci a été bien meilleure.
La commune de Doumaitang a été présentée aux dernières éditions ?
Oui cela nous a permis de mieux nous préparer pour cette édition avec le prix du meilleur stand que nous avons reçu.
Qu'est ce qui a fait la particularité de votre stand ?
Oui je crois que Doumaitang est une coïncidence heureuse. Dès notre prise de fonction comme maire, notre ambition a été de développer des ressources pour la commune d'abord. C'est à dire que selon le code général de la décentralisation, la commune jouit d'une autonomie administrative et financière, pourtant le problème que nous rencontrons c'est que le transfert des compétences n'est pas immédiatement suivi comme cela est prescrit par la loi d'un transfert des ressources. Par rapport aux compétences transférées, les besoins des populations sont tellement énormes pourtant à la fin vous devez faire un bilan. Vous faites un bilan des activités que vous menez sans ressources y afférentes. Ainsi nous avons pensé mettre en place une activité porteuse au sein de la commune et nous avons créé un complexe agro-pastorale et piscicole que nous sommes en train de développer donc les premiers produits ont été présentés à ces JEICOM 25. J'ai parlé de coïncidence parce que le thème correspondait aux activités que nous menons déjà. Et je crois que nos efforts ont été appréciés, ce qui nous a valu ce prix de meilleur stand.
Alors ce stand, qu'est ce qu'il présentait réellement au public ?
Nous avons apprêté pour la présentation des plants de palmier à huile, de l'huile de palme produite par nos populations, nous avons également présentés des plants de cacaoyers car nous avons un projet de 100 jeunes que nous allons encadrer pour les amener à devenir des entrepreneurs agro-pastoraux. Et le cœur de notre présentation était le bac contenant des poissons de nos étangs qui est au cœur de notre stratégie d'autonomisation de notre commune.
Pourquoi avez vous particulièrement choisi le projet aquacole comme vitrine lors des JEICOM 25 ?
Il s'agit des études menées sur la rentabilité du projet et sur sa portabilité, nous avons constaté effectivement que c'est un projet qui peut-être porteur et générateur des ressources dont nous avons bien besoin. Et au regard des premiers résultats obtenus, nous sentons que ce projet peut nous amener loin. Pour un début, notre objectif c'est trois cent tonnes de poissons par an, nous avons mis en place un bassin qui est structuré autour des trois axes majeurs, un lac de 10 mille m², on a quatre étangs de 400m² et bien évidemment, des bacs hors sols 45 au total qui sont opérationnels. Actuellement, nous sommes sur le développement du marché, car si nous sommes assez avancé sur ce plan, notre production ne suivra que le marché. Nous sommes au début de notre production et en suivant les « Process », le système de distribution je crois que pour 2026, nous allons atteindre notre objectif de production.
Alors quand vous dîtes nous, il s'agit de qui, la commune ?
Oui, le projet est effectivement porté par la commune.
Qu'est ce que vous faites pour inciter la population de Doumaitang à s'intéresser à cette activité génératrice de revenus ?
Nous avons eu des entretiens avec le programme PULCCA(projet d’urgence de lutte contre la crise alimentaire) qui, dans les environs développe des micros projets dans les familles et les communautés de village, évidemment l'objectif est de fédérer autour du projet communal, un certain nombre d'acteurs locaux pour que la production soit importante mais surtout pour que les protéines animales soient à la portée de tous.
Vous l'avez dit, vous aviez d'autres projets à présenter aux potentiels partenaires comme le cacao ?
Certes Doumaitang est un bassin modeste de production mais important. Nous voulons davantage pousser nos jeunes car il y a un véritable dilemme, entre le matricule de la fonctionpublique et l'entrepreneuriat agro-pastorale, c'est une problématique que nous essayons de résoudre à notre niveau en encourageant des jeunes à devenir ces entrepreneurs décomplexés. Nous essayons de leur expliquer qu'avec 4 sacs de cacao c'est environ un million six cent mille pourtant ce n'est que la production d'un demi hectare donc si vous avez un hectare bien suivi, vous pouvez atteindre 3 millions de francs en une année. Dieu seul sait combien de possibilités, vouspouvez faire le café, le plantain, le macabo ou les arachides et équilibrer votre vie de manière décente. Je voudrais dire avec l'arrivée de l'énergie solaire, vous avez des jeunes qui ont leurs éclairages avec des appareils électroménagers pour conserver leurs aliments. Contrairement à certains jeunes fonctionnaires qui n'arrivent pas à équilibrer leur vie avec des salaires de moins de cent mille ou même de cent cinquante milles francs. Donc je crois que nous allons y arriver.
De manière concrète, en dehors du prix, vous rentrez avec quoi de concret de ces JEICOM 25 ?
Nous avons eu de très bonnes rencontres avec les étrangers, ceux du Maroc, avec les Turcs également sans oublier les élus français d'origine camerounaise qui sont très intéressés à nous accompagner pour développer un certain nombre de projets. Nous restons dans notre corps de métiers en tenant compte de nos réalités, nous avons des terres fertiles et nous voulons aller plus loin avec l'agro-pastorale dans notre localité. Nous avons quelques pistes de recherche en ce qui concerne l'entretien routier et je ne peux pas en dire plus puisque ce sont des prémices des futurs entretiens.
Merci monsieur le maire pour votre disponibilité !
C’est moi qui vous remercie pour l’intérêt que vous nous accordez à travers cet entretien.
Interview réalisée par Clément Noumsi




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